Le chrysanthème ne se cantonne plus aux cimetières

Il n’a pas toujours servi à décorer les tombes... Penchons-nous, puisque c’est de circonstance, sur le destin pour le moins chahuté d’une fleur d’or devenue fleur des morts.

Chrysanthème_Illustration

Premiers frimas, premières brumes du matin, premières feuilles mortes, voici revenu ce temps où l’on songe non sans mélancolie à ceux qui ont fait avec nous un bout de chemin, puis s’en sont allés. Va-t-on, à la Toussaint, encore beaucoup fleurir les tombes de nos chers disparus? Peut-être plus qu’on ne l’imagine. En 2009, le Crioc (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs, dissous début 2016) avait mené une intéressante enquête sur le sujet. Il en était ressorti qu’en Belgique trois personnes sur cinq se rendaient encore au cimetière au moment de la Toussaint, la majorité d’entre elles y apportant des fleurs pour honorer leurs morts. De quelles fleurs parlait-on? L’enquête n’en dit rien. Mais lors d’une conversation tenue ces jours-ci avec un jardinier chargé d’entretenir les allées d’un grand cimetière bruxellois, il est ressorti que ”de nos jours, on voit un peu de tout. Mais c’est tout de même les chrysanthèmes que les gens apportent toujours le plus”. 

« Fleur d’or »

Un constat étayé par Sylvie, responsable d’une importante grande surface de produits de bricolage et de jardinerie. ”Voyez vous-même. À l’intérieur, à l’extérieur du magasin, sur tous les rayons, les grandes et petites potées de chrysanthèmes sont déjà là. Certains sont encore en boutons, mais je peux vous certifier qu’il va encore nous en arriver beaucoup, beaucoup, la toute grande majorité venant des Pays-Bas. Non, le chrysanthème n’est pas en perte de vitesse. C’est même le contraire! Il faut dire que le prix est intéressant ( il tourne autour des 3,50 € – NDLR). Et puis, il existe une telle variété de chrysanthèmes, tant de teintes, des roses, des rouges, des orange, des jaunes, des blancs, et surtout, c’est une plante qui résiste si bien à la baisse des températures.” Et d’ajouter que désormais, plusieurs variétés de chrysanthèmes ne sont pas seulement recherchées pour le cimetière mais aussi, et de plus en plus, pour remplacer dans nos jardins et nos jardinières, sur nos balcons et sur nos terrasses, toutes les fleurs d’été désormais fanées. 
La fleur des morts, la “fleur des veuves” comme on l’a aussi appelée, serait-elle ainsi en train de retrouver toute la noblesse de son nom – chrysanthemum, “fleur d’or” – venu du grec?

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