Zurbarán, le maître

Cinquante toiles du grand peintre mystique exposées à Bozar. Une première majestueuse.

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Si Francisco de Zurbarán est l’un des principaux peintres baroques de l’âge d’or espagnol, tout comme Vélasquez et Murillo, il est bien moins connu du grand public que ceux-ci. Est-ce parce que cet artiste, né en Estramadure en 1598 et décédé à Madrid en 1664, véhicule un monde aujourd’hui moins accessible, un monde d’images religieuses, catholiques, influencées par la Contre-Réforme? Il n’empêche, si à Bozar, où sont rassemblées des toiles venues des plus grands musées du monde (Prado, National Gallery Londres, Beaux-Arts Séville), une litanie de saints, saintes, moines, vierges se succèdent au fil d’une douzaine de salles, dès l’entame de ce parcours où l’on découvre les premières commandes destinées au couvent Saint-Paul à Séville, on ressent toute la gravité, toute la pudeur, tout le silence et la profonde humanité du propos.

Là, c’est un Saint François, dissimulé sous sa capuche, totalement concentré sur ce crâne autour duquel il joint les mains. Ailleurs, c’est cet agneau (Agnus Dei) isolé, les pattes entravées, tache blanche dans l’obscurité, symbolisant un Christ sans défense, livré au supplice. Plus loin, on s’émeut devant cette Vierge enfant endormie, un livre de méditation posé sur les genoux, prêt à glisser sur le sol. Si humaine, cette petite Marie! Si moderne, ce trait qui va à l’essentiel et que l’on retrouve dans les natures mortes, dans cette Tasse d’eau et rose par exemple, où l’artiste semble insuffler une âme à ces humbles objets.

Entre le sacré et la musique, le lien paraît évident. Quel pouvait donc être l’univers sonore de Zurbarán? Trois points d’écoute sur le parcours permettent d’y accéder. Ils contribuent à faire de cette expo un beau moment de contemplation.

 

> JUSQU’AU 25/5. Palais des Beaux-Arts, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles. www.bozar.be

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