Warhol s’installe à Mons

La cité du Doudou réussit son examen de passage vers Mons 2015 avec cette frappante rétrospective de la diva du pop art.

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La belle expo qui vient d’ouvrir à Mons dans un BAM rénové et lumineux interroge les rapports de Warhol avec la religion et la mort. Et on pourrait immédiatement demander où se trouve la sortie de secours… C’est que la réputation de l’œuvre de Warhol est faite de glamour, de couleurs et de fleurs. Une série de clichés qui l’ont réduit à un artiste pour carteries dont les images sont en vente pour pas cher au rayon encadrements chez Ikea. Et pourtant… Même la fameuse série des Marilyn contient du sacré, celui que la société des médias a bien voulu transférer des cathédrales vers Hollywood.

La première trace de reliogisité dans l’œuvre de Warhol se trouve dans les portraits de célébrités qu’il a toujours traitées comme des icônes, dieux et déesses de notre temps. Mais à cette longue galerie de vedettes (Warhol finira par devenir le portraitiste officiel de l’aristocratie people), l’expo de Mons ajoute des tableaux beaucoup plus sombres et plus mystiques, hantés par l’idée de l’expiation. Légende du pop art et héros de la subversion (à New York, sa Factory a accueilli tout ce qui se faisait de plus drogué et de plus homo dans les années 60), Warhol était aussi un homme pieux qui, sous l’influence de sa mère, aimait prier et aller à la messe.

Visionnaire, l’œuvre de Warhol reste d’une cinglante modernité. Elle a donné un langage au romantisme rock et élevé le cynisme de la société de consommation au rang d’esthétique. Mais elle annonce aussi tout ce qui passionne aujourd’hui les masses – la culture people, la téléréalité, la fascination du VIP, les réseaux sociaux, ces endroits où l’on peut, comme il l’avait prédit, vivre son quart d’heure de célébrité.

ANDY WARHOL. LIFE, DEATH AND BEAUTY, jusqu’au 19/1. BAM, rue Neuve 8, 7000 Mons. www.bam.mons.be

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