Une lointaine Arcadie: Utopie pastorale

Largué par sa femme et ruiné par un contrôle fiscal, Matthieu décide de quitter Paris. Plus rien ne l'y retient, ni les vestiges de sa vie passée, ni ses contemporains.

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Largué par sa femme et ruiné par un contrôle fiscal, Matthieu décide de quitter Paris. Plus rien ne l’y retient, ni les vestiges de sa vie passée, ni ses contemporains.

Armé de l’illusion d’un dénuement choisi et de trois livres qu’il connaît par cœur, il part s’installer dans la Creuse et retape laborieusement une masure en ruine. Reclus dans sa tanière, il cultive un maigre potager et vit au rythme des saisons, jusqu’à l’irruption d’un couple de randonneurs, qui va briser son isolement et – peut-être – son nouveau credo.

Egaré quelque part entre ascèse presque forcée, suicide social et retour à la terre, le pauvre Matthieu est bien trop démuni pour jouer au gentleman farmerou s’offrir le luxe de la misanthropie. Son Arcadie, c’est le désert verdoyant des collines limousines, un ermitage où il s’invente sa propre mythologie et flirte avec un animisme de pacotille.

Fort d’une singulière poésie bucolique aux accents tragiques, Jean-Marie Chevrier se fait l’auteur de toutes les solitudes. Consacrant la liberté retrouvée et la fatalité du sacrifice, à mille lieues des hymnes à la décroissance bobo, son sixième roman est un récit subtil et érudit, un conte paysagiste qu’on jurerait écrit à la première personne. – M.N.

Une lointaine Arcadie
Jean-Marie Chevrier
Albin Michel, 218 p.
Notre avis: 3 étoiles

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