Théâtre: L’éveil du printemps

Comment parler de sexe à ceux qui ne le connaissent pas encore? C'est le pari de cette pièce contestataire et sensuelle de Frank Wedekind, contemporain de Nietzsche et de Freud, qui résonne étrangement aujourd'hui, à l'heure de l'ultra-permissivité sexuelle. 

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Sur une scène ouverte flanquée d’un bunker criblé de graffitis, il y a Wendla, qui croit encore que la cigogne apporte les bébés. Il y a aussi Melchior, le corps secoué de pulsions nouvelles, ou Moritz, sorte d’ange idéaliste, chantre de l’amour fou attiré par le suicide, et pour qui "la vie n’est qu’une question de goût". Bien dit. Tous s’éveillent au désir, dans un jaillissement de mots entrecoupés de larmes, de rage et de rires.

Des intermèdes électro viennent scander le rythme puissant d’un texte qui fut perçu à l’époque comme "une cochonnerie", avant qu’on puisse en saisir la poésie rayonnante. A la mise en scène, Jasmina Douieb a reconstitué ces années collège de l’Allemagne répressive avec une conviction réelle qui ne manque pas d’humour. Mais il manque peut-être à sa mise en scène une incarnation plus fébrile et sans doute moins facile des scènes de sexe, pour que l’on puisse retrouver alors le goût à la fois vacillant et lumineux des toutes premières fois.

JUSQU’AU 20/10. Le Public, rue Braemt 64-70, 1210 Bruxelles. 0800/944.44. www.theatrelepublic.be

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