Théâtre: Les bonnes intentions

La question de l'adoption par une comédienne renversante de courage et de colère. On dit: allez-y.

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L'histoire d'une petite fille venue de Corée, adoptée à l'âge de 3 ans par des agriculteurs dans la campagne wallonne. Entre l'enfant rebelle et ses parents adoptifs butés, tout tourne mal… Ecrit et interprété par Cathy Min Jung, comédienne d'origine coréenne, adoptée par un couple belge, ce texte brut lève les tabous de l'adoption.

Perçue comme un acte de générosité incontestable, l'adoption est ici abordée sous le regard de l'enfant. Une parole souvent oubliée dans nos sociétés occidentales, bien plus enclines à s'émouvoir du parcours du combattant des parents adoptifs que du droit des enfants adoptés.

Près de 300.000 petits Coréens ont été adoptés à travers le monde dans les années 1970. Un abandon massif d'enfants dans une dictature, dont Cathy Min Jung a fait partie.

En 2008, elle a d'ailleurs réalisé un beau documentaire sur son retour au pays à la recherche de ses parents biologiques. Inspirée par différentes histoires qui croisent la sienne, elle livre ici un monologue habité et cru, d'une violence salvatrice, pour dire la quête insatiable de l'enfant adopté, éternellement à la recherche de saveurs oubliées et rêvées.

Courageux, ce texte de résilience et de colère est interprété avec les tripes par une comédienne magnifique, à la recherche de son identité morcelée par de "bonnes intentions"… On se lève et on dit bravo.

Les bonnes intentions. Jusqu'au 7 avril, Théâtre de Poche, chaussée du Gymnase 1A, 1000 Bruxelles. Bois de la Cambre. 02/649.17.27. www.poche.be

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