Théâtre: la maison de Ramallah

Dans l'Intercity qui se traîne en direction de Ramallah, une dame âgée et son compagnon reconnaissent les plaines où, plus jeunes, il se sont connus en cueillant des tomates destinées à ceux qui, plus tard, détruiront leur habitation.

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Eux qui n’ont jamais pu aller vivre dans cette maison au bord de la mer dont ils rêvaient, préparent leur fille  de vingt ans à un attentat-suicide. Et ceci tout en pestant contre le mode opératoire proche du bricolage de l’opération et sous le regard scrutateur jusque dans les toilettes d’agents réels ou imaginaires du Mossad, du Shin Beth, voire de traîtres à la cause passés de l’autre côté.

Après avoir perdu leurs quatre fils, les époux s’apprêtent donc à livrer leur fille unique à l’Organisation dont ils craignent autant, si pas plus, les représailles que les irruptions nocturnes des militaires israéliens…

Rythmée par les conversations en hébreux de tankistes, de communications militaires, d’ordres aux civils et ponctuée de bruits de mitrailleuses ou de bombardements, la pièce d’Antonio Tarantino pourrait de prime abord sembler désespérante.

Elle pointe surtout le côté absurde et grotesque de la guerre, de l’occupation et même de la lutte, les deux parties manipulant autant les armes, les explosifs que leurs propres populations. Cette œuvre, qui donne à réfléchir, est montée au cordeau par Pietro Pizzuti et portée par trois acteurs remarquables: Angelo Bison en vieil homme qui pleure sa Palestine perdue, Laurence Warin en mère et épouse vindicative et Ana Rodriguez formidable en martyre à couettes.

Fable contemporaine, la maison de Ramallah révèle trois personnages égarés, hagards et pathétiquement drolatiques… au milieu d’une drôle de guerre.

Jusqu’au 30 mars au théâtre de poche chemin du gymnase à 1000 Bruxelles. 02/649.17.27
www.poche.be

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