Théâtre: Invasion!

Ça commence comme un coup de théâtre. Sur scène, deux comédiens en costume d'époque répètent de molles tirades évoquant un corsaire arabe du 18e siècle.

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Son nom – Abulkasem – déclenche les rires de quelques perturbateurs qui s'emparent alors de la scène et ouvrent le feu. "Abulkasem! Ça pèse sa mère comme nom!" Écrite par un jeune auteur suédois d'origine tunisienne, la pièce interroge les différents clichés et amalgames liés au monde arabe, entré dans l'ère du soupçon depuis le 11 septembre. Avec pour seul fil conducteur, ce mot mystérieux.

Et Abulkasem de devenir, avec une polysémie étonnante, le nom d'un terroriste réfugié en Suède, une expression entre potes issus de l'immigration pour se foutre de la gueule des profs ou le nom d'une féministe metteur en scène postmoderne qui porte le voile.

Bref, un mot magique qui doit pouvoir parler aussi bien de politique que de rapports humains. Un mélange des tons et des genres risqué pour une mise en scène souvent caustique mais parfois inégale, qui alterne séquences musicales attendues sur le groupe suédois Abba et vidéos-chocs (terribles images de réfugiés clandestins à la frontière italienne). Comédien et metteur en scène, Olivier Coyette (qui clôt la pièce par un monologue bouleversant) parvient tout de même à pulvériser les clichés et les visions partielles que l'on peut avoir d'un pays ou d'un mot. Parce qu'on est tous l'Abulkasem de quelqu'un.

Invasion!, du 10 janvier au 4 février. Théâtre de Poche. 02/649.17.27. www.poche.be
Reprise au théâtre Varia dans une mise en scène de Michel Didym du 31 janvier au 4 février. 02/640.82.58. www.varia.be

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