Polar: Ils vivent la nuit de Dennis Lehane

Les cinéastes américains aiment Dennis Lehane. Et il n'y a pas qu'eux.

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Après avoir été adapté par Clint Eastwood (Mystic River), Ben Affleck (Gone Baby Gone), Martin Scorsese (Shutter Island), ce romancier poursuit sa quête de  respectabilité à travers un public, de plus en plus large, qui commence à le voir comme un auteur tout court, et plus seulement comme un auteur de polars.

Dans Ils vivent la nuit, Lehane poursuit la fresque bostonnienne entamée dans Un pays à l'aube, mais il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le premier pour se laisser happer par le deuxième. Nul besoin de connaître toutes les branches de l'arbre généalogique de la famille Coughlin dont on suivra, à partir de 1926, la montée flamboyante de Joe, le fils cadet, petit caïd fréquentant les tripots du Boston interlope et honte de son père, commissaire adjoint, qui n'hésitera pas à l'envoyer en cabane au moment voulu.

Devenu l'homme de confiance de Maso Pescatore, chef de la mafia toujours très actif derrière les barreaux, Joe connaîtra une ascension digne des plus grands boss…

Guerre des clans, prohibition, trahison familiale, mouvements sociaux, Lehane livre un tableau ultra-réaliste et, oserait-on, très humain de cette période d'après-guerre où la vie hors-la-loi, faite de musique, d'argent, d'alcool et de tentations meurtrières, fascine la jeunesse qui y trouve un sens contre l'ennui. Plus facile à lire et plus direct qu'Un pays à l'aube, Ils vivent la nuit est du très bon roman à placer sur la pile "Vacances, je lis tout".

Ils vivent la nuit
Dennis Lehane
Rivages, 544 p.

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