Nos lecteurs ont interviewé Benoît Poelvoorde

A l'origine de L'Intime Festival, rencontres littéraires et festives (ce week-end à Namur), ce dingue de livres a accepté de se laisser bassiner par nos lecteurs.

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Au final: un moment à l'image de l'acteur – qui monte, qui descend, qui s'emporte et se fait doux.  

"Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es". C'est un peu le jeu auquel ont joué neuf lecteurs de Moustique avec Benoît Poelvoorde, à la veille de la première édition de l'Intime festival à Namur dont il est l'instigateur. Enfin, lecteurs… Plutôt lectrices. "C'est tout à fait normal, sourit l'acteur, j'ai toujours su que je plaisais beaucoup à la gente féminine." En grande forme, bientôt à l'affiche d'Une Place sur la terre de Fabienne Godet, Poelvoorde  ne renie pas le cinéma, mais aujourd'hui, il est là pour parler des livres, ceux qu'il a adorés et qui parfois l'ont même aidé à se sentir, sinon mieux, moins seul.

A la fin de la rencontre, qui a duré deux heures, la sentence de Benoît Poelvoorde est sans appel. "Merci à tous, vraiment. Si on avait parlé de cinéma, vous m'auriez posé des questions à la con. Mais en évoquant les livres, comme par hasard, on a parlé de la vie. Et je trouve ça beau." En effet, s'il se cache souvent derrière de jolies formules lorsqu'il fait son travail de promotion pour un film, il s'est ici ouvert à nos lecteurs. Il s'est raconté. Comme quoi, il faut toujours prendre un homme par ce qu'il aime.

Un jour, pourra-t-on lire une autobiographie de Benoît Poelvoorde?
Benoît Poelvoorde – Non. Jamais. Je suis l'ennemi des gens qui écrivent leur autobiographie. C'est de la curiosité ces choses-là, pas de la littérature. Je crois que nous partageons tous cette belle valeur qui fait que notre intimité est notre intimité. Et que, dans la vie, il faut savoir ne pas tout dire. La plupart du temps, ça tient de l'anecdote et que ça n'intéresse  personne. C'est notamment pour ça que je fais du cinéma. Parce que l'acteur ne raconte rien de lui, il est juste un interprète. En tant qu'acteur, tu réponds à des critères simples: l'argent, l'envie, l'orgueil. Ca n'a rien à voir avec l'écriture. Je suis un lecteur passionné et j'ai un immense respect pour les gens qui écrivent. Pas ceux qui se racontent, non… Ceux qui savent jouer avec la langue. Ceux qui savent parler d'eux en se cachant entre les lignes. Une autobiographie? Jamais. C'est notamment pour ça que j'ai appelé notre festival L'intime. Parce que c'est un truc trop précieux…

L'intime, justement… Dites-nous tout…
L'intime c'est le moment ou tu as peur, ou tu trembles, ou tu vis. Et là, je reconnais ma vie. J'ai une réponse ou un éclairage à des choses qui me hantent. C'est en cela que le livre est fort. C'est qu'il nous fait sentir moins seuls. Et qu'il est ce que nous pouvons rencontrer de plus intime. Au moment ou tu rencontres quelqu'un, qu'est- ce que tu offres en premier? Quand tu tombes amoureux? Tu offres une compile de musique ou un bouquin. Car offrir un bouquin, c'est se livrer. C'est dire: "C'est le livre que je voudrais que tu lises. Parce que c'est moi."

Des lecteurs heureux

Après deux heures de discussion avec Benoît Poelvoorde, Marylin, Daniela, Zacharia, Alain, Corine, Leila, Lionel, Françoise et Astrid réagissent. Les langues se délient. Des mails arrivent aussi le lendemain à la rédaction. "Tout cela n’a fait que confirmer ce que je pensais déjà: Benoît Poelvoorde est un gars intelligent, profond et généreux", dit l'une. Comment je l'ai trouvé? "Un peu bourré pour être honnête. Mais surtout volubile, naturel et très sympathique", enchaîne une autre. Alain, lui, écrit: "Ce genre de truc, ça n'arrive qu'en Belgique. Où l'un des acteurs les plus bankables de la francophonie débarque pour discuter bouquins en buvant des bières et en mangeant des sandwichs à l'américain. C'était génial."

Corine ajoute. "Je l'ai trouvé simple et convivial. En tout cas, je rentre chez moi avec plein de nouvelles envies de lecture." Astrid enchaîne: "J'ai conscience d'avoir vécu un moment précieux et j'en suis vraiment heureuse! D'une timidité et d'une émotivité maladive, je savais qu'en participant à cette rencontre avec Benoît, j'allais vivre un moment particulier. Et il le fut. Merci."

Interview complète dans le Moustique du 28 août.

L'intime festival. Du 30/8 au 01/9, Théâtre de Namur. Programme complet sur www.theatredenamur.be

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