Mons 2015 démarre bien

L'ouverture, c'est gagné. Reste à concrétiser le reste. La cité du Doudou a un an pour prouver ce qu'elle sait faire.

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S'il fallait retenir un signe exprimant le présage des cieux, on s'arrêterait sur la gaffe de ce serveur qui, au cocktail officiel à la collégiale Sainte-Waudru, a renversé son plateau chargé de coupes de champagne et baptisé, comme il se doit, Mons 2015. Sans le savoir, ce jeune homme, sans doute étourdi par la présence du roi et de la reine, a ouvert les festivités en décoinçant la cérémonie qui a connu son traditionnel chapelet de discours (trois, c'était encore raisonnable) et son non moins traditionnel va-et-vient de politiques (Premier ministre, Ministre de l'intérieur, Ministre de la culture…) Le jeune briseur de verre (blanc – celui qui porte chance) a visiblement été entendu car, samedi dernier, les Montois n'avaient qu'un seul mot d'ordre: faire du bruit. La plus belle attraction de cette fête d'ouverture reste la foule de Montois, base d'un public qui s'est déplacé en nombre (les organisateurs parlent de plus 100.000 visiteurs) pour faire taire les critiques et les sarcasmes qui ont précédé la mise sur orbite de l'événement. Samedi soir, il était difficile de circuler dans toutes les rues menant à la Grand Place, métamorphosée en immense dance-floor, après avoir été le théâtre de l'Envolée chromatique, show aérien à faire pâlir de jalousie Saint-George, pour une fois copain comme cochon avec son ennemi le dragon.

On avançait à petit pas, notamment rue de la Poterie rebaptisée pour l'occasion rue Adamo (présent sur place) et où, sous le linge blanc qui séchait aux fenêtres, on se promenait au son de quatre vingt versions différentes de Tombe la neige. La neige qui, le matin même, avait menacé de transformer la fête en mini ouverture des Jeux Olympiques d'hiver mais qui, au final, s'est tenue tranquille. Malgré un froid piquant, le public a répondu à l'appel et fait de ce démarrage un grand moment convivial. Grand moment amical orchestré à partir d'immenses projections sur les façades (le fameux maping 3D), de places en feu, de robots néons organisateurs de flash-mobs, de fanfares imaginaires… Grand moment familial qui ouvre un an de programmation culturelle et touristique qui, selon le bourgmestre Elio Di Rupo et si tout va bien, devrait rapporter 400 millions d'euros à la région. Reste à convaincre le public de continuer sur cette lancée, et à faire de Mons, non seulement la capitale européenne de la culture (cette année avec Pilsen), non seulement un pôle d'attraction économique, mais aussi la scène d'un renouveau tournée vers l'avenir. Que Saint-Waudru entende le voeu des organisateurs.

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