Mo Yan: Le veau et Le coureur de fond

Ne faites pas les malins. Vous ignoriez certainement tout de Mo Yan avant qu'il ne reçoive le dernier prix Nobel de littérature. 

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On vous résume: écrivain, 55 ans, originaire de Chine du Nord, auteur parmi les plus réputés de son pays, une quinzaine d’œuvres déjà traduites en français.

Dans les deux longues nouvelles qui viennent très opportunément de sortir, l’homme poursuit dans la voie tracée par ses précédents ouvrages: l’histoire de sa province natale, le Shandong, notamment à travers sa propre expérience de fils de paysans pauvres des années 60.

Comme prévu (craint), Mo Yan se la joue très couleur locale. Un peu de sagesse orientale, quelques proverbes, et mille détails ou anecdotes sur l’art de castrer un veau, d’accommoder des abats, de courir un 10.000 mètres ou de récolter de la fiente de poulet.

Mais le pire, c’est que ça marche. Parce que, derrière l’écriture fluide et la leçon de choses, transparaît une autre réalité, celle de la Révolution culturelle, parfois dans sa réussite, plus souvent dans son absurdité.

Et franchement, nonobstant les quelques centaines de milliers de morts que l’affaire a entraînées, c’est tordant.

Mo Yan
Le veau et Le coureur de fond
Seuil, 258 p.

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