Maurice Frydman, Plasticités

Le banal film plastique transparent - celui que l’on étire pour emballer son demi-citron avant de le ranger au frigo -, voilà le matériau que Maurice Frydman découvre par un heureux hasard il y a une vingtaine d’années.

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Il ne le lâchera plus. Car ce peintre et sculpteur, né en 1928 et passionné depuis toujours par le corps et la peau, trouve dans cette membrane de polyéthylène d’une extrême souplesse l’occasion magnifique de détourner l’univers en osant des compositions qui, d’étirement en étirement, changent de direction, se replient et se répètent. "Dès qu’il y a pli, il y a mémoire" dit Frydman. Et il y a rythme, tensions, champs de forces. Ses plis et ses torsions, le créateur les couvre ensuite de couleurs. Il les comprime sur d’autres surfaces. Puis vient la phase de la séparation de ces surfaces, de l’arrachement. Avec pour résultat la création de failles, de cicatrises. On est dans l’abstraction et aussi dans une connexion avec la vie dans ce qu’elle a d’aléatoire et de matriciel. Attardez-vous devant le petit film tourné dans l’atelier de l’artiste, regardez celui-ci se coltiner à ce matériau aux vertus créatrices insoupçonnées, puis repartez à la découverte de ces métamorphoses de PVC. Fascinant!

> Jusqu’au 12/6. Palais des Beaux-Arts, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles. Du ma. au di., de 10 à 18h. Jeudi jusqu’à 21h. 5 €. 02/507.82.00. www.bozar.be

En +

Visite de l’atelier de Maurice Frydman le 7/5 à 14h, rue de la Gaîté 71, à 1070 Bruxelles. 8 €. 02/563.61.53. www.arcadia.be

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