Manga: Le chant d’Apollon

Shogo déteste toute forme d'amour. Au point de tuer les couples d'animaux qu'il surprend en train de roucouler…

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Des actes violents qui le mèneront directement en institut psychiatrique. Shogo n'a jamais été aimé. Sa naissance était un accident, son père un inconnu et sa mère, croqueuse d'hommes, ne faisait que le violenter à la moindre occasion. Pour son docteur, une cure d'électrochocs s'impose. Un traitement aux répercussions étranges: il se retrouve face à la déesse de l'amour qui le condamne pour l'éternité à aimer la même femme au fil de ses réincarnations. Un amour impossible puisque l'un des deux amants mourra instantanément dès que le sentiment se révélera réciproque. Délaissant son style ludique, Osamu Tezuka s'essaie au gekiga, un genre sombre et dramatique très en vogue en 1970, quand le "maître du manga" réalise Le chant d'Apollon.

Shogo se révèle comme le fil conducteur de ces histoires d'amour impossibles qui traversent le temps, de la Seconde Guerre mondiale à un futur où les Bioroïdes ont pris le pouvoir, et qui vont lui ouvrir les yeux sur le véritable sens de l'Amour. Le mangaka s'inspire sans aucun doute de la vague de libération sexuelle qui règne à son époque.

Il n'oublie pas de glisser deux constats précurseurs: les dérives du clonage et de la pollution et des gaz à effet de serre. Un manga surprenant par son sujet, mais pas par la forme qui frôle une fois de plus la perfection qui caractérise si bien le maître. On s'incline.

Le chant d'Apollon
Osamu Tezuka, Kana, 576 p.

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