Maillots bas pour les Diables

Les Diables Rouges, icônes d'une nation, font les sexy devant l'appareil de Stephan Vanfleteren. Expo événement au Botanique.

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Stephan Vanfleteren n'est pas spécialement un grand patriote, mais qu'est-ce qu'il aime son pays! Photographe de presse, portraitiste couru (son portrait de Stromae a illustré l'article sur le chanteur paru sur le site du New York Times), ses images capturent avec une puissante force d'évocation l'essence populaire du royaume. Sa Belgique profonde mais si photogénique – celle des baraques à frites, des cafés, des courses cyclistes et des champs de patates -, on l'a découverte dans son livre Belgicum ou comment faire passer un pays au Photomaton. Mais aussi dans En avant, marche! – magnifique travail autour des fanfares et des majorettes. Un vrai ancrage territorial et un énorme élan de tendresse, le tout développé après un premier projet édité – Elvis & Presley – qui l'avait pourtant mené jusqu'à Las Vegas pour une odyssée cocasse et travestie où il se photographiait avec son ami Robert Huber grimés en Elvis Presley!

 

Aujourd'hui, Stephan Vanfleteren participe à sa manière à la ferveur entourant les Diables Rouges, à l'heure qu'il est déjà installés au Brésil. Présentées au Botanique pendant toute la durée de la Coupe du monde (et bien au-delà), les photos des joueurs de Marc Wilmots ont déjà fait l'objet d'un beau livre et d'une parution dans Moustique au mois de décembre. Une production qui, on s'en doute, n'a pas été facile à monter, malgré le feu vert du coach et de l'Union Belge qui, à l'agenda, avaient tout de même privilégié le temps d'entraînement plutôt que le temps du bon temps. Une collection d'images où les joueurs font les pitres dans des poses athlétiques qui mettent en exergue la machinerie musculaire de ces garçons dont le photographe rappelle qu'ils sont aussi "fiers d'être dans l'équipe nationale" que "fiers de leur corps, leur condition, leur beauté et leur jeunesse".

Christian Benteke qui soulève Kevin De Bruyne comme un petit frère de jeu avec ce contraste noir-blanc des peaux qui touche et raconte, selon Vanfleteren, "le mixage des nationalités, l'une des plus belles choses au sein de l'équipe qui est un symbole contre le racisme". Les tatouages bad boys en veux-tu en voilà – ceux de Steven Defour, d'Axel Witsel – marques d'un narcissisme flagrant  mais aussi passion d'une génération. Eden Hazard, "le petit fou de la bande", improvisant une chorégraphie, les bras tendus en flèche, qui laisse penser, peut-être, qu'il a beaucoup regardé Usain Bolt en fin de sprint. Thibaut Courtois affalé sur le sol, la main tendue dans une pose nonchalante et sexy qu'on préfère voir ici plutôt que devant son but…

Et le sexy de l'affaire n'aura échappé à personne, Vanfleteren transformant nos footballeurs fétiches en objets érotiques dans un décor et une lumière qui font songer à l'univers des Dieux du stade, best-seller du calendrier à base de rugbymen dévêtus. Malgré ces poses beaux gosses stylés et cette virilité exaltée, qui n'est pas sans rappeler le travail de feu Herb Ritts et Peter Lindbergh, il transpire des photos des Diables Rouges quelque chose de bienveillant et de sympathique, malgré le poids de l'argent que représente l'addition de ces muscles. Mais quand c'est beau, on ne compte pas…

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