Livre: Steve Jobs de Walter Isaacson

Bien sûr, ce livre sur Steve Jobs se lit comme un roman d'époque et fait passer le garage où Apple a vu le jour pour l'atelier de Gutenberg.

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Mais Walter Isaacson fait mieux que résumer l’itinéraire d’un génie de civilisation. Il convoque à la barre de l’histoire l’homme derrière la lumière. Avec la complicité du principal intéressé, qui se savait condamné, le journaliste américain rappelle qu’un génie n’a pas besoin d’être un saint homme…

Steve Jobs attendra d’avoir le même âge que ses parents au moment où ils l’ont abandonné (23 ans) pour ne pas reconnaître sa première fille, Lisa, s’en détourner et se venger du scénario de rejet qu’il a lui-même subi.

A l’origine de leur association, il a caché à Steve Wozniak (cofondateur d’Apple) qu’il avait touché un bonus dans le développement d’un projet qu’ils avaient mené à bien ensemble. Leur business démarrait donc sur un mensonge. Steve Jobs a toujours était vaguement gêné par le Q.I. plancher de ses parents adoptifs (une comptable et un mécanicien), lui qui se disait "un être élu et éclairé".

L’enquête d’Isaacson énumère les accroches morales dans la vie de celui que la légende avait fini par déclarer héros – intouchable – des temps modernes…

En plus d’être un patron brutal et autoritaire (heureusement qu’il pratiquait le zen et la méditation!), d’avoir un sens subtil des ressources humaines (pour lui, il n’y avait que deux sortes d’employés – les bons et les crétins), Steve Jobs, dieu de la haute technologie, était un homme tout ce qu’il y a de plus homme. Bête, faible et médiocre. Le livre de Walter Isaacson rend justice à cet homme-là. – S.M.

Steve Jobs
Walter Isaacson
Lattès, 600 p.

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