Livre: Paul Auster – Sunset Park

On connaissait la littérature américaine post-attentats de 2001, désenchantée et rétrécie. Le dernier Paul Auster appartient à la génération suivante, celle d'après la crise financière de 2008, avec sa galerie de personnages usés avant même d'avoir servi.

64658

Il y a Miles, dont le job consiste à vider les maisons abandonnées par leurs propriétaires ruinés par les subprimes. Il y a Bing, qui s’obstine à réparer les objets cultes – machine à écrire électrique, lecteur de cassettes – d’une époque dont plus personne ne se souvient. Mais aussi Alice, la doctorante sans un balle, ou Hellen, triste employée d’une agence immobilière.

Tous se partagent un squat de Sunset Park, dans un New York aux antipodes du parc d’attractions pour adultes qu’est devenu Manhattan. Récit choral (comme on dit) mais formidable métaphore d’une société qui a compris qu’elle n’étanchera plus correctement sa soif, Sunset Park ne raconte pas l’apocalypse, juste le subtil et lent délitement, qui n’exclut aucun soubresaut ni des bouffées d’espoir. Le moins apprêté des livres de l’auteur de La trilogie new-yorkaise, mais certainement son plus enlevé et urgent depuis longtemps.

Sunset Park
Paul Auster, 320 p.
Actes Sud

Sur le même sujet
Plus d'actualité