Livre: L’art du jeu de Chad Harback

L'art du jeu de l'Américain Chad Harback est bien plus qu'un roman sur le base-ball. La preuve: on a adoré.

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Un roman de 500 pages autour des aventures d'une équipe de baseball? Non, merci, l'ami. Passe ton chemin et cours bien loin. Déjà, les films sur le baseball, c'est pénible, mais alors les bouquins… Au secours!

Et pourtant, il nous aura fallu à peine dix pages pour succomber à ce livre ultra-magnétique de Chad Harback, lui-même joueur de base-ball (évidemment) et redoutable conteur old school. Quand commence L'art du jeu, il y a Mike Schwartz, étudiant à la Westlich University, campus pas trop réputé du Wisconsin.

Schwarz est capitaine de l'équipe de base-ball et il est surtout complètement par terre devant ce que le petit Henry Skrimshander, 17 ans, arrive à faire sur un terrain. C'est grâce à lui et à son sens de la persuation que le père d'Henry accepte d'envoyer son rejeton à Westlich. Il y intègre la chambre d'Owen et l'équipe où il ne tarde pas à faire des miracles et à pousser les résultats vers le haut…

Rassurons ceux qui auraient mal compris l'avertissement du début de cet article à propos des œuvres inspirées par le base-ball: nul besoin d'en connaître les règles (incompréhensibles de toute manière) et nul besoin de se passionner pour sa pratique sur un terrain pour savourer ce roman qui, pour un premier roman, est un fameux roman.

Avec une facilité déconcertante pour nous entraîner avec lui dans l'élan d'un récit qui ressemble un peu à une virée, Chad Harback livre une saga autour de l'amitié virile, la perte de l'innocence et sur une autre idée de la famille recomposée. Les personnages déplacent leurs sentiments sur l'échiquier de cette belle histoire en écoutant leur cœur battre – de fort à très fort. Schwarz, Skrimshander mais aussi Owen, joueur ouvertement homo, Guert Affenlight, président de l'université qui, à 60 ans, se découvre une passion pour l'amour au masculin, Pela, la fille du président qui aimerait refaire sa vie après un mariage catastrophique…

L'art du jeu est vendu par son éditeur français à grands coups de namedroping (Jonathan Franzen, Jay McInerney, John Irving… ont adoré), mais c'était bien inutile. La parution du livre est précédée de tant de compliments qu'on n'a aucun complexe à ajouter le nôtre: goal!

L'art du jeu
Chad Harback
Lattès, 500 p.

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