Livre: Crépuscule de Michael Cunningham

Peter et Rebecca forment un couple new-yorkais dont on peut fantasmer l'existence depuis les beaux films de Woody Allen dans les années 70.

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Lui, galeriste, elle, éditrice. Ils vivent dans un loft qui semble être tombé d'un magazine de déco international. Il ne peut rien arriver à des gens comme eux. Rien, sauf peut-être l'arrivée de Mizzy, le jeune frère de Rebecca, perdu de vue, qui s'insinue dans l'esprit et les pensées de Peter. Obsédé par le souvenir d'un frère mort du sida, relent lancinant d'une jeunesse qui ne sera plus et marque amère qui revient sans cesse ponctuer le silence de sa solitude, Peter est fasciné par ce Mizzy, 23 ans, que la drogue n'a pas abîmé.

Double d'un mort, nouvel amour inconnu, parent oublié, qui est Mizzy et que veut-il? Foutre en l'air le couple de sa sœur? Ou, au contraire, le consolider autour d'un triangle sentimental qui crépite de l'odeur attirante du péché? En sortant des coulisses du carnage après l'explosion du modèle taditionnel de la famille – De chair et de sang et La maison du bout du monde -, Michael Cunningham a publié, en passant, un chef-d'œuvre, Les heures, porté à l'écran par un trio d'enfer – Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep.

Avec Crépuscule, il est de retour sur le terrain de la famille et des accidents généalogiques. Un romancier américain à découvrir – si ce n'est déjà fait.

S.M.

Crépuscule
Michael Cunningham
Belfond, 300 p.

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