Les Simpson, adultes admis et transgénérationnels

Il y a 26 ans naissait Les Simpson, pionnière des séries animées qui parlent à la fois aux adultes et aux enfants. Le secret de sa longévité?

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Quel est le point commun entre South Park, American Dad, Futurama ou Bob l'Eponge? Un humour assez corrosif, un regard critique sur la société, un message complexe derrière le scénario … et un public qui va bien au-delà des enfants. Depuis les années nonante est apparue une ribambelle de séries animées "pour adultes". Tout comme Pixar et ses Toy Story, Ratatouille ou Nemo au cinéma, les producteurs du petit écran jouent sur la double lecture que l'on peut avoir de leurs histoires pour conquérir le cœur des petits et des grands. Pionniers de cette tendance: lesSimpson. Personnages loufoques, dialogues délirants, aventures rocambolesques, tous les ingrédients sont là pour faire rire les plus jeunes. A cela s'ajoutent une critique acerbe de la société américaine, du nucléaire à l'usage des armes à feu, en passant par la corruption ou la guerre en Irak, ainsi qu'une pléthore de références cinématographiques, littéraires et musicales. Autant d'ingrédients d'un deuxième niveau de lecture que les enfants ne captent que peu, mais dont les adultes raffolent. En ouvrant la voie du dessin animé satirique tout en restant accessible pour les enfants, Les Simpson a trouvé la combinaison gagnante. La preuve: il entame aux Etats-Unis sa 26esaison, un record dans le monde télévisuel.

Bill Morrison est l'un des piliers de ce succès. Scénariste, dessinateur, directeur artistique et éditeur des bandes dessinées et livres Simpson, cet ex-illustrateur de modes d'emploi pour voitures est tombé dans la marmite par hasard, il y a vingt-trois ans. Il a rencontré Matt Groening, le créateur des Simpson, à l'époque où tous deux enchaînaient les petits boulots dans les studios de publicité de Los Angeles. Il l'a retrouvé quelques années plus tard, au moment où Les Simpson commençait à décoller. Alors que le coffret DVD de la saison 16 des petits bonshommes jaunes sort ce mercredi en Belgique, rencontre avec cette superstar de l'ombre, toujours étonné de sa réussite.

Après un passage au département merchandising, vous êtes vite devenu directeur artistique des bandes dessinées Simpson. Avec quelle mission?

Bill Morrison – A cette époque-là, on était loin d'imaginer que le succès serait si grand. On avançait à l'aveugle, Matt Groening ne nous a jamais donné de règles précises. J'étais libre d'écrire ce que je voulais, pourvu qu'une continuité soit assurée entre les personnages à la télévision et dans la BD. La seule exigence était que je reste dans le même ton que la série télévisée: provocant mais pas vulgaire, en évitant de tomber dans le pipi-caca. Il fallait rester dans la dérision et la satire. 

Retrouvez la suite de l'interview dans le Moustique du 4 décembre 2013

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