Les perroquets de la place d’Arezzo – Eric-Emmanuel Schmitt

Schmitt renouvelle son serment d'amour à Bruxelles et en fait le décor de son nouveau roman. Sur le plan de la ville, l'auteur zoome sur un tout petit square - la place d'Arezzo - qui coupe l'avenue Molière en deux et s'immisce chez ceux qui ont le privilège d'y vivre, ici où le mètre carré coûte un rein.

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Réunis par une mystérieuse missive qu’ils reçoivent simultanément ("Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime". Signé: tu sais qui"), les habitants de la place d’Arezzo, plus ou moins guidés par ce mot d’amour qu’ils ne savent plus ou moins pas interpréter, ouvrent en grand la porte de leurs secrets. Tom et Nathan, un couple gay plus gay que nature, finissent par prendre l’enquête en main…

 

C’est que leurs voisins, grands bourgeois blindés, semblent avoir fait du cul – et en particulier celui pratiqué dans la clandestinité – l’axe de leur monde.

 

Entre un homme politique aux pulsions sexuelles qui en ferait un frère de partouzes de DSK, l’épouse de l’écrivain à la mode tombée amoureuse d’une femme dont tombe amoureux son mari, le banquier aristo homophobe et père de famille qui se tape des mecs au bois de la Cambre, la fleuriste qui couche avec la femme du banquier aristo, la dame en léger surpoids qui bave (comme tout le monde) sur l’employé communal qui entretient le square en short et torse-nu, l’étudiant en droit atteint du sida qui va se soulager chez les putes car elles ont fait de la capote une principe professionnelle, la concierge qui a recueilli dans son lit un jeune sans-papier afghan, il y a de quoi se régaler.

 

Schmitt fait sa révolution sexuelle, quelque part entre Les chroniques de San Francisco, Desperate Housewives et un Plus belle la vie haut de gamme. La saga du quartier d’Arezzo ouvre le catalogue de toutes les lubies sentimentales et toutes les équations sexuelles de notre époque, plongeant le lecteur dans une comédie volubile et pipelette très amusante dont on conseille la lecture à Christine Boutin et à Mgr Léonard. Non, on rigole…

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