Les Belges? De grands abstraits

 Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’abstraction, née en 1910 avec Kandinsky et disparue sous la chape de l’Occupation, connaît un renouveau sous forme non plus lyrique mais géométrique, fondée sur un principe d’ordre, de rigueur et de non-figuration radicale.

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Dès 1946, le Bruxellois Jo Delahaut devient le chef de file de ce mouvement, toujours bien vivant, qui se déploiera en plusieurs facettes et investira également l’art public, le design, dans un souci de rendre l’art accessible au plus grand nombre.

C’est ce courant majeur, foisonnant en Belgique et pourtant souvent méconnu, que le Musée des Beaux-Arts de Mons (BAM) nous invite à (re)découvrir dans un parcours en dix étapes. Et c’est une belle réussite, toute en précision et en finesse, dont la rigueur scientifique parvient grâce à une pédagogie douce à ne pas exclure le grand public. Aussi y retrouve-t-on avec un sentiment de plénitude le grand Jo Delahaut, toujours lui, la pureté de ses lignes et de ses couleurs, mais encore Marcel-Louis Baugniet, Jean-Pierre Husquinet. Et dans l’importante évolution vers le minimalisme, les monochromes d’Amédée Cortier ("se satisfaire de la seule couleur", dit-il) et ceux non moins sublimes de Marthe Wéry (“rechercher l’essentiel par son minimum”), tout comme les compositions de carrés et de rectangles de Dan Van Severen qui nous conduisent jusqu’au seuil d’une sérénité méditative. L’expo jouant la carte de l’interdisciplinarité, on côtoie également à Mons de la sculpture avec Walter Leblanc, du textile, des bijoux et encore des maquettes de projets pour des stations de métro (Jean Rets), pour un hôpital (Luc Peire) ou une place publique (Pol Bury). On remarquera aussi au niveau des déambulatoires cette belle intégration en vinyles noirs de Jean Glibert, contribuant à donner au parcours, réparti sur deux niveaux, toute sa cohérence. – P.N.

> ABSTRACTIONS GEOMETRIQUES BELGES, jusqu'au 13/7. BAM, rue Neuve 8, 7000 Mons. www.bam.mons.be

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