Les anges meurent de nos blessures – Yasmina Khadra

Depuis Les hirondelles de Kaboul en 2002, quasiment pas une année sans son Yasmina Khadra. Depuis l'immense succès de L'attentat en 2005, pas une seule de ses sorties qui ne fasse l'objet d'une attention toute particulière.

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Pour Les anges meurent de nos blessures, Mohammed Moulessehoul – de son vrai nom – la joue à nouveau Algérie natale, au tournant de l’entre-deux-guerres. Celle où bicots et bon Français se regardent déjà en chien de faïence. Celle où le bled et ses paysans faméliques sont plus éloignés des avenues bourgeoises d’Oran que de la lune.

 

Le bled, c’est Turambo, un village à flanc de montagne qui a fini dans la vallée après un glissement de terrain. Le paysan, c’est aussi Turambo, gamin hâve et rescapé du drame, qui a été rebaptisé du nom de son patelin après avoir gagné les bidonvilles de Sidi Bel Abbès. Ce garçonnet plein de vie et d’envies tentera de sortir du ruisseau, par tous les moyens, tous les métiers, et même grâce à ses poings de bon boxeur.

 

Pour l’aider ou le damner: son ami Gino, ses amours Nora, Aïda, Irène et autant de bonnes ou très douteuses rencontres. Hélas, l’histoire ne finit pas très bien. Mais cela, on le comprend dès la première page. L’écriture est jouissive, riche, généreuse, la fresque pleine de rebondissements et de hasards heureux qui la confinent parfois à la fable. Malgré sa toile de fond forcément un peu socio-politique et grave, un beau roman d’été, qui débarque donc quand même un poil trop tard dans les bacs.

 

Juillard, 403 p.

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