Le plastique, c’est fantastique!

Orange Dreams nous replonge dans la mode plastique des Golden Sixties à l’Atomium. Un avant-goût du nouveau musée dédié au design implanté au Heysel en 2015.

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De l’orange, rien que de l’orange, bien flashy et vivifiant. Et décliné en chaises, perco à café, étagère roulante, jouets, télé, mange-disques, porte-parapluies, blousons, étagères, fauteuil bulle, lits bateau, bureaux-boomerangs, seaux à glaçons en forme de pomme – "tiens, mes parents en avait un!".

Comment ne pas être joyeusement interpellés par tous ces objets moulés, incurvés, épousant la forme de notre corps, anticipant nos gestes pour notre meilleur confort? Rassemblés à l’Atomium en six tableaux-installations (Living Dream, Kitchen’s Dream, Office Dream…), ils symbolisent la maison idéale des Golden Sixties. De cette époque où l’on croyait en un monde tout confort, “moderne”, façonné avec des matériaux nouveaux – plastique en tête – permettant de sortir du carcan de la tradition et d’oser, sans complexe, des créations, légères, colorées, ludiques, débridées.

Aujourd’hui, le mythe du plastique a certes vécu, eu égard au suremballage et à ces images déprimantes de vilains déchets (plastiques) dérivant sur les mers tels de menaçants continents. Et pourtant, oui, en parcourant cette expo, comme c’est chouette le plastique quand les objets de notre quotidien sont signés Verner Panton, Eero Aarnio ou Joe Colombo! C’est d’ailleurs en ramassant un jour sur une poubelle une chaise du célèbre designer milanais Colombo que Philipe Decelle, un collectionneur bruxellois, s’est dit que décidément notre société avait la mémoire courte. Qu’il fallait sauver ces objets emblématiques des années 60! Le  Plasticarium, un musée privé un peu méconnu par les Belges, était né au cœur de Bruxelles. C’était en 1987. Au fil des années, écrémant greniers et marchés aux puces, Decelle accumulera plus de 1.100 pièces de la génération pop, tout en se passionnant aussi pour la création contemporaine, avec Philippe Starck ou encore Charles Kaisin.

Depuis quelque temps, Decelle, sans descendant, cherchait à transmettre ce lieu devenu une vraie référence en la matière. C’est désormais chose faite: l’Atomium, emblème s’il en est des Golden Sixties, a acquis la collection du Plasticarium. Dès décembre 2015, 5.000 m2du Trade Markt, proche voisin de l’Atomium, seront dédiés au Plasticarium-Art & Design Atomium Museum, le ADAM! Un nouveau musée, en cette période de vaches maigres, c’est en soi un événement. Il devrait être aussi une plus-value pour le plateau du Heysel et pour l’Atomium, toujours très apprécié par les touristes étrangers. "Ce Plasticarium, précise tout sourire Henri Simons, directeur de l’Atomimun,c’est un peu le fantasme de la dixième boule!" On l’aura compris, l’expo temporaire Orange Dreams est là pour nous mettre l’eau à la bouche.

> ORANGE DREAMS, jusqu'au 25/5/2015. Atomium, square de l’Atomium, 1020 Bruxelles. www.atomium.be/orangedreams

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