Le mur et la peur

Dès l’entrée du Muséum au Bota, on ne voit que cette immense photo de deux Bangladaises escaladant un mur.

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D’un côté, le Bangladesh, pays vivant dans une extrême précarité, de l’autre, l’Inde, pays émergent. Entre les deux, une frontière de 3.200 km, faite de briques ou de  fils barbelés. Le plus long mur au monde dressé entre deux peuples. Et pourtant, les médias en parlent peu. Cette frontière, érigée selon l’Inde pour contrer le terrorisme islamiste et l’immigration économique des Bangladais, ne cesse d’être franchie illégalement. Pour acheter des biens, traficoter, survivre, revoir les siens de l’autre côté. La police des frontières veille, surtout du côté indien. Arrestations musclées, tortures, viols, corruption, le pire s’y passe. Mais rien n’arrête ces pauvres gens. Pendant deux ans, le photographe belge Gaël Turine, multiprimé notamment pour son travail Avoir 20 ans à Kaboul, s’est plongé dans le quotidien de ces frontaliers du désespoir. Chacun de ses grands clichés raconte une histoire: celle d’enfants engagés par des passeurs pour faire de la contrebande, celle de  Fellani, tuée à 14 ans sur les barbelés pour avoir voulu rencontrer son futur mari de l’autre côté… Des photos journalistiques, fortes, jamais sensationnalistes et toujours humaines. S’y immerger au plus vite. – P.N.

> LE MUR ET LA PEUR, INDE-BANGLADESH. Jusqu'au 19/10. Le Botanique, rue Royale 236, 1210 BXL. www.botanique.be 

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