La nostalgie heureuse – Amélie Nothomb

Qualifié de roman, La nostalgie heureuse est plutôt un reportage sentimental, le journal du retour d'Amélie Nothomb aux sources de son enfance japonaise. Ce n'est pas la première fois que Mademoiselle nous mène en bateau au Japon, ce qui laisse planer un a priori négatif sur ce livre qui, pourtant, sans compter qu'il s'affiche comme vital pour son auteure, est extrêmement touchant.

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Making-of affectif d’un documentaire tourné par une équipe de France 5 (Une vie, entre deux eaux qu’on a pu voir l’année dernière à la télé), La nostalgie heureuse confronte le passé au présent dans une succession d’impressions personnelles d’où pointe, en climax chaire de poule, la scène des retrouvailles avec sa vieille nounou japonaise.

 

Sur les lieux de son enfance à Kobé, mais aussi à Tokyo, à Fukushima et à Kyoto, Nothomb, sans se départir de son humour, se dévoile un peu plus dans son rapport aux autres jusqu’à se retrouver parfois à la limite de l’autoportrait nu.

 

La deuxième partie du livre évoque une rencontre avec Rinri, son fameux fiancé japonais qu’elle avait planté sans trop d’égards et dont elle a fait le héros romantique de Ni d’Eve ni d’Adam, livre paru en 2007. Cette scène, non filmée dans le documentaire, est cruciale car elle boucle l’émotion revenue du passé pour s’attacher à attaquer le futur.

 

Elle fait de ce faux roman, fidèle à son gabarit (150 pages, deux heures de lecture), le livre du basculement qui pousse Nothomb à conclure: "je suis au seuil de quelque chose qui est en train de commencer." On attend donc le début de ce commencement, c’est-à-dire la suite des événements.

Albin Michel, 152 p. 

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