À la côte, on fait quoi quand il fait moche?

Envoyer des messages en morse, essuyer une tempête plus vraie que nature, observer des piranhas ou un boa arc-en-ciel…: les bons plans couverts ne manquent pas à la mer.

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Les baignades, les châteaux de sable, les balades à vélo ou en cuistax sur la digue, les promenades dans les dunes, c’est l’ADN touristique de la côte belge. Mais ces activités requièrent temps sec et température clémente. Question de saison donc: comment occuper la journée lorsque le vent fouette et que les ondées marient ciel et mer dans un océan de grisaille? Voici quelques suggestions…

Emportez les maillots

Des maillots? En hiver? Pas question d’imiter ces "fous furieux" qui, à Ostende, célèbrent le nouvel an en se baignant dans une mer à 10 degrés! Compris. Mais des bains, au littoral, on peut en prendre toute l’année… dans les piscines couvertes. La plupart de nos stations balnéaires en sont équipées. À Knokke par exemple, Sportoase, un tout nouveau complexe aquatique vient de sortir de terre: il comprend bassins pour sportifs et débutants, zone récréative avec toboggans et fontaines, espace pour les tout-petits, jacuzzi et sauna… De quoi nous donner envie de nous jeter à l’eau!

Pour une ambiance subtropicale, direction l’Aquafun et l’Aqua Mundo des Sunparks d’Oostduinkerke et du Coq. Ces installations sont en effet accessibles aux non-résidents des villages de vacances. Tarifs à la journée? 17 € par adulte, 15 € par enfant. Notons, dans le même registre, qu’un Plopsaqua ouvrira ses portes à La Panne en janvier prochain.

 

Bateaux… à quai

La mer est déchaînée? Peu importe. À la côte, possibilité nous est offerte de monter à bord de navires par tous les temps. Ceux-ci sont ancrés à l’année dans un bassin, voire placés en cale sèche. Ainsi, du côté de Zeebruges, la visite d’un bateau-phare et, plus étonnant, d’un sous-marin russe est incluse dans le parcours du parc maritime Seafront.

Et à Ostende, deux bateaux-musées sont amarrés à quelques encablures de la gare. Le Mercator qui fut le navire-école des officiers de la marine marchande belge. Parmi ses hauts faits, l’expédition scientifique à l’île de Pâques en 1935 et un an plus tard, le rapatriement de la dépouille du père Damien décédé à Hawaii. Mais aussi, dans un style beaucoup plus rude (le Mercator, ce n’est que bois, cordages et cuivres), l’Amandine! Ce chalutier rejoignait en été les zones de pêche du sud de l’Islande et passait l’hiver en mer du Nord. À son bord, les pêcheurs traquaient le cabillaud, l’aiglefin, le lieu noir, le colin et la dorade.

Autre embarcation qui ne voit plus la mer mais attend le touriste, le bateau de pêche côtière installé au cœur de Navigo. Ce musée, situé à Oostduinkerke, restitue le quotidien des marins d'autrefois à travers différents décors: la maison du pêcheur, la plage, la chapelle, le chantier naval, la criée, le fumoir à harengs. Dans l’aquarium tactile, quelques espèces de la mer du Nord se laissent caresser. Et l’institution joue la carte de l’interactivité: le visiteur est invité à envoyer des messages en morse, à sauver un marin en détresse ou à essuyer une tempête. Tant qu’à parler de phénomènes météorologiques extrêmes, sachez que le pier de Blankenberge, cette jetée unique en Belgique qui s’avance dans la mer, héberge une exposition baptisée Storms. Les éléments se déchaînent autour de touristes qui demeurent bien au sec.

Ensor ou Delvaux

Vous êtes davantage culture que nature… Dans ce cas, pourquoi ne pas explorer l’univers de deux peintres célèbres? Le premier, James Ensor, n’a jamais quitté Ostende. La "Reine des plages" a conservé sa maison natale et l’a ouverte au public. On peut y apercevoir des tableaux, des dessins, des masques et des marionnettes de l’expressionniste, mais aussi le magasin de coquillages et de souvenirs de son oncle, la salle de documentation et le salon-atelier. D’autres œuvres de l’artiste garnissent également les cimaises du Mu.Zee d’Ostende. Là, James Ensor côtoie Léon Spilliaert et Constant Permeke, entre autres.

Le second peintre mis à l’honneur à la mer, Paul Delvaux, n’est pas natif de la côte belge mais avait succombé au charme de Saint-Idesbald (Coxyde). Une exquise fermette transformée en musée y héberge une série de toiles et d'objets illustrant sa vie et son art. L'admiration de ce maître du surréalisme pour la femme, ultime objet de son désir mélancolique, est largement traitée. Comme ses autres thèmes récurrents que sont les trains (nombreuses maquettes témoignant d’une passion qui remontait à sa plus tendre enfance) et les gares, les temples, l’architecture gréco-romaine et les squelettes.

Requins et mygales

Au littoral, par mauvais temps, les amoureux des animaux convergent vers Blankenberge. Plus besoin de présenter le Sea Life, c’est une des attractions phare de notre "kust": plus de 50 aquariums et bassins, près de 2.500 animaux peuplant les mers et océans, des requins (impressionnant aquarium-tunnel) aux piranhas en passant par les hippocampes, les araignées de mer, les manchots et loutres, les phoques et otaries.

Plus modeste mais combien effrayant pour certains, le Serpentarium convie à une immersion dans le monde des reptiles, des araignées et des grenouilles. Au détour de rochers et de chutes d’eau, rencontres saisissantes avec le boa arc-en-ciel ou le caméléon panthère. Et risque majeur de se retrouver nez à nez avec le mamba noir, la star des serpents venimeux. Frissons garantis!

Retour dans le passé

Parmi les nombreux musées de la côte, certains demeurent injustement sous-estimés. C’est le cas de Sincfala à Knokke, qui retrace 2.000 ans d’histoire dans la région du Zwin: la poldérisation, les guerres, la construction de Duinbergen et du Zoute, le développement du tourisme… On peut y appréhender la rude vie des pêcheurs et de leur famille, s’asseoir sur les bancs de l’ancienne école (1899) ou encore monter à bord du vieux crevettier des années 1930 installé dans le jardin. À l’autre extrémité de la côte, sur le territoire d’Oostduinkerke, le musée de l’Abbaye des Dunes fait revivre le quotidien d’une abbaye cistercienne médiévale. Travail, prière, repas: toutes les facettes de la vie des moines sont évoquées sous la forme de maquettes, de mannequins et d’installations multimédias.

Enfin, on n’oublie pas le shopping! Certains ne viennent d’ailleurs à la mer que pour cela. Notamment le dimanche car tous les magasins sont ouverts. Les principales cités balnéaires ont chacune leurs artères dédiées au commerce: l’avenue de la Mer (Zeelaan) à La Panne, l’avenue Albert Ier à Nieuport, l’avenue Lippens ou la très sélecte avenue du Littoral (Kustlaan) à Knokke. À Ostende et à Blankenberge, les principales zones commerçantes sont piétonnes. Pratique pour du lèche-vitrine en famille… Toutes ces activités "spécial mauvais temps" peuvent évidemment être programmées lorsque la météo est clémente. Et à la côte, elle l’est plus qu’ailleurs, comme en témoignent les statistiques de l’IRM: 200 jours de pluie par an en moyenne dans une grande partie du royaume, 216 en hauteBelgique mais "seulement" 182 au littoral. Dès lors, bon vent!

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