La belle vie de Matthew Stokoe: Attention, livre méchant

Sorti de l'imagination de Matthew Stokoe, écrivain anglais dont on dit qu'il ne veut rien révéler de lui (bonjour la construction du buzz), La belle vie retrace l'itinaire de Jake dans l'industrie des médias à Hollywood.

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Serveur dans un magasin de donuts à Los Angeles, beau gosse, bien gaulé, Jake a une ambition – atteindre la couverture des magazines people – et un modèle en tête – l'ambiance feutrée classe des publicités pour parfums Calvin Klein. Jake n'est pas vraiment terrassé de douleur lorsqu'il apprend la mort de son épouse, Karen – une prostituée junkie, retrouvée vidée de ses organes!

En tentant d'en savoir plus sur les circonstances de cet assassinat, il démarre une nouvelle carrière de tapin et, par la même occasion, place ses pions pour entamer une longue partie d'échecs avec le vice qui traverse les coulisses du monde du glamour.

Satisfaire des cougars en manque d'électricité physique n'est rien à côté des scènes de déprave hard-crade auxquelles il sera mêlé et qui, parfois, laissent penser que le livre est publié chez Marc Dorcel et pas Gallimard.

Il ne faut pas être cardiaque pour traverser ces tableaux de violence sexuelle qui révèlent la face la plus sombre et la plus malade des gens riches et célèbres. Et si ce qui est décrit dans ce roman – fulgurant, haletant, suant – est vrai, on n'a ni envie de les connaître, ni envie de rester dormir chez eux le soir. La belle vie agit comme une chute dans les sables mouvants: on lit, on s'enfonce, on étouffe, on crie, on repose le livre. Mais on le reprend. Fan de Guillaume Musso, passe ton chemin…

La belle vie
Matthew Stokoe
Série Noire Gallimard, 449 p.

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