Juste la fin du monde

Scène D'emblée, Louis (Itzik Elbaz) l'annonce: la scène qui va se dérouler sous nos yeux se passe quelques mois avant sa mort. Pas de suspense.

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L'homme, trentenaire et malade, n'échappera pas à son destin. Saisi par un élan de nostalgie soudain, il décide de rendre visite à sa famille, qu'il n'a plus vue depuis des années, pour leur annoncer cette mort prochaine.

Il débarque donc dans un village qui n'est plus le sien, dans une maison qui n'est plus la sienne, même si sa mère (Anne-Marie Loop) et sa sœur (Edwige Baily) l'accueillent à bras ouverts. Son frère (formidable Thierry Lefèvre) est plus réticent, tandis que son épouse (Catherine Salée), qu'il n'a jamais rencontrée, tente à tout prix de briser la glace.

Philippe Sireuil, qui renoue ici avec les textes de Jean-Luc Lagarce (il a monté J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne en 1998 et Nous, les héros en 2000), opte pour une mise en scène sobre et efficace. C'est la diction des comédiens, ultraprécise, qui donne le rythme aux échanges. Monologue après monologue, tous les membres de la famille adressent leurs doléances à Louis. Qui ne pourra pas en placer une. Serait-il déjà mort? Ou les siens trop centrés sur leur propre nombril? Le constat de Lagarce, mort du sida à 38 ans, est sans appel. – A.N.

> Jusqu'au 28/5, 20h15 (sauf ma. 19h). Théâtre des Martyrs, place des Martyrs 22, 1000 Bruxelles. De 9 à 16,50 €. 02/223.32.08. www.theatredesmartyrs.be

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