Indomania et Corps de l’Inde, les deux expos phares d’Europalia

Les Beatles recevant en 1968 l’enseignement de Maharishi Mahesh Yogi, Maguerite Duras et son Indian Song, Pasolini relatant dans L’odeur de l’Inde ses errances dans le sous-continent, David Lean et sa Route des Indes, le cinéaste Jean Renoir épousant le rythme du Gange dans Le Fleuve, Cartier-Bresson, Le Corbusier… On n’en finirait pas de citer les créateurs entichés de ces lointains ailleurs.

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Le XXe siècle n’a toutefois pas le monopole de cette fascination. Déjà présente chez les voyageurs grecs et romains, elle s’emballe en 1498 lorsque le navigateur portugais Vasco de Gama ouvre la route maritime de l’Inde aux jésuites et aux commerçants qui abreuveront l’Occident de leurs récits, d’épices, d’objets, de diamants, de peintures, inspirant les artistes, tels Rembrandt et ses dessins copiés de miniatures indiennes ou Dürer.

C’est tout cela que raconte au Palais des Beaux-Arts Indomania, une des deux expos phares d’Europalia. Dans un parcours raffiné et diversifié, l’on croise les artistes déjà cités, mais encore Wagner, Rodin, les hippies, Béjart, Rauschenberg, Hodgkin, Anne Teresa De Keersmaeker, Philip Glass, John Coltrane, Richard Long. Deux artistes belges contemporains, Max Pinckers et Hans Op de Beeck, ont même chacun créé sur place, à Mumbai et Hampi, une œuvre donnée à voir en primeur dans l’expo bruxelloise.

Mais quid en définitive des fondamentaux  qui ont façonné l’Inde depuis le 3e millénaire de notre ère? Comment comprendre en profondeur l’âme, la pensée, si multiple de ce vaste pays? Corps de l’Inde, l’autre expo phare d’Europalia, a choisi comme approche la manière dont cette civilisation aborde… le corps. Entre yoga, ayurveda et kamasutra, celui-ci est en effet toujours lié à une forme de spiritualité. Dans ce parcours, il est question de naissance, de mort, de renaissance, d’héroïsme, d’ascétisme, d’amour, d’extase, de cosmos. De haut niveau, Corps de l’Inde peut aussi être vue pour la simple beauté des 250 pièces provenant d’une trentaine d’institutions indiennes et de collections privées. Beaucoup ne sont jamais sorties du pays. Sculptures monumentales en pierre, manuscrits peints pour l’empereur moghol Akbar, miniatures de gouache sur tissu, bijoux, céramiques forment un tout multiforme nous ouvrant les portes de traditions aussi bien hindouistes que jaïnes, bouddhistes, musulmanes, voire même d’influence chrétienne. Très impressionnant. Par laquelle des deux expos commencer? A vous de voir. Mais à notre sens, l’une appelle l’autre et vice versa.

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> CORPS DE L'INDE jusqu'au 05/01 et INDOMANIA, jusqu'au 26/01. Palais des Beaux-Arts,  rue Ravenstein 23, 1000 Bxl. www.europalia.be

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