I will stay till she comes: Un ovni théâtral où Shakespeare nous parle

Un spectateur averti en vaut deux: n'allez pas voir I will stay till she comes si vous attendez du théâtre qu'il vous dise comment penser. Par contre, si vous êtes prêt à y mettre un peu du vôtre, à vous laisser entraîner dans un trip onirique, des divagations incertaines et une poésie sensitive, courez voir la nouvelle création de Miriam Youssef (Le lieu commun).

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Sur scène, six comédiennes avancent à pas mal assurés, comme des hamsters perdus dans leur propre cage. Elles se suivent, se poursuivent, font demi-tour, re-demi-tour, dans un espace clos et sans issue. Le quitteront-elles? Elles le disent, mais ne franchissent pas le pas. Fable chorale aux accents existentiels, I will stay till she comes se compose exclusivement (à part peut-être le tonitruant "Ta gueule!") de répliques tirées de l'œuvre de Shakespeare. Insolentes dans la bouche d'Anne-Pascale Clairembourg, polissonnes dans celle de Julie Duroisin, inquiètes chez Erika Sainte, elles attrapent au vol le spectateur qui se sent concerné. Par la vieillesse, la féminité, la gloire, la mort… Chacun entend celles qui le touchent, et découvre sa propre pièce, plus ou moins construite, plus ou moins intime, en fonction de son histoire personnelle. Sublimée par une esthétique fantasque, voici une création audacieuse dont il sera difficile de parler avec son voisin. – A.N.

> Jusqu'au 25/6, 20h30. Atelier 210, chaussée Saint-Pierre 210, 1040 Etterbeek. De 8 à 16 €. 02/732.25.98. www.atelier210.be

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