I Don’t Like Mondays – The Boomtown Rats (1979)

Pour fêter la rentrée, une chanson qui prouve que mourir le lundi est encore pire que vivre un lundi.

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Lundi 29 janvier 1979. Brenda Spencer, une jeune étudiante de San Diego, s’embête ferme. Alors elle sort de chez elle un fusil à la main et se dirige vers l’école élémentaire en face de chez elle. Et là, elle ouvre le feu sur tout ce qui bouge. Un beau carton: deux adultes restent au sol, parmi lesquels le directeur de l’école, et huit mômes et un policier sont blessés. Puis, très naturellement, elle rentre chez elle. Quoi de plus normal, on est aux Etats-Unis après tout.

 

Les flics accourent, encerclent la maison pendant sept heures avant qu’elle ne se rende. Pendant le siège, un journaliste parvient à la contacter et à lui demander pourquoi elle a fait ça. Voici sa réponse, stupéfiante: "Je me suis juste mise à tirer, c’est tout. J’ai fait ça pour m’amuser. J’aime pas le lundi. J’ai fait ça pour égayer ma journée. Personne n’aime le lundi!" Elle répétera la même chose aux policiers venus la cueillir.

 

Au même moment, Bob Geldof, leader du groupe anglais Boomtown Rats alors en tournée aux States, se trouve dans un studio radio d’Atlanta. Le télex lui tombe dans les mains. Voici comment il décrit les faits: "Je l’ai lu alors qu’il sortait. Prendre pour prétexte de ne pas aimer les lundis pour buter des gens m’a paru pour le moins étrange. De retour à l’hôtel, j’avais cette phrase en tête: une puce de silicone dans sa tête a dû afficher "surcharge". Je l’ai mise sur papier. Et aussi ce journaliste qui lui demandait "Tell me why!" ("Dites-moi pourquoi"). C’était un acte tellement insensé. L’acte insensé par excellence. Et c’est la parfaite raison insensée d’en faire une chanson. Alors, peut-être que j’ai écrit la parfaite chanson insensée pour illustrer cet acte. Ce n’était en aucun cas une tentative de tirer profit de cette tragédie."

 

La chanson décrit ainsi ce qui se passe dans la tête de la fille puis, très vite, le désarroi des parents qui cherchent un sens à cet acte qui n’en a pas. Et ce questionnement qui clôt les trois couplets de manière plus ou moins identique: comment cela peut-il arriver? Pourquoi?

 

Geldof pensait faire de I Don’t Like Mondays une face B mais, face au succès rencontré par le titre sur scène, à peine un mois après les faits, il changea d’avis. Le single sort en juillet 1979, reste quatre semaines n° 1 en Angleterre, devient n° 1 dans 32 pays… Aux Etats-Unis, il n’ira pas plus haut que la 73e place.

 

Aujourd’hui encore, la chanson continue d’être erronément interprétée comme une lamentation contre le pire jour de la semaine, celui où on retourne au boulot. Les coiffeurs et les boulangers, eux, s’en foutent un peu. Tout comme Bob Geldof désormais. Dans le charity business, c’est tous les jours dimanche!

Retrouvez cet article dans votre Moustique du 29 août!

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