Fascinant Fastenaekens

Le travail du photographe bruxellois enfin mis en lumière dans une rétrospective. (+ concours)

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Le territoire et ses mutations intéressent le photographe bruxellois Gilbert Fastenaekens depuis plus de 30 ans. Il aime travailler de nuit car, dit-il, "la nuit, la topographie urbaine devient le trou noir d’un opéra énigmatique. Tout paraît enveloppé dans un arrêt provisoire". Ainsi, des no man’s land sans qualités, des impasses désertes, des ensembles de tours s’imprègnent-ils la nuit de théâtralité et de poésie. Avec ses premières Nocturnes, une des neuf séries de l’artiste présentées au Botanique, Fastenaekens, à mi-chemin entre photographie documentaire et artistique, conjugue ainsi une sensibilité dont un certain romantisme n’est pas absent. Il s’est aussi tourné vers les sites industriels dans sa série Essai pour une archéologie imaginaire.

Ces vestiges d’un noir profond illuminé çà et là de blanc nous conduisent en Lorraine, mais aussi à Bruxelles et à Charleroi. Des friches chaotiques, des fantômes d’acier deviennent de mystérieuses et théâtrales sculptures. De la couleur, on en rencontre dans cette exposition, principalement au niveau de la mezzanine, où l’on découvre des maisons, souvent photographiées de côté, là où un mur aveugle devrait accueillir celui d’une maison mitoyenne. L’expo révèle encore beaucoup d’autres belles surprises, comme ces vidéos, support privilégié par Fastenaekens depuis une quinzaine d’années, qui nous conduisent par exemple à Milan. Interpellante aussi – et amusante -, la série Correspondance, entamée en 2007. L’artiste y questionne, à travers les mutations du tissu urbain bruxellois, à la fois la notion de temps qui passe et d’une nostalgie sans tristesse. Bref, si les supports et la technique de Fastenaekens changent et évoluent, son travail reste d’une grande cohérence. Pour y entrer, il faut, comme lui, faire un arrêt provisoire et se laisser captiver.

> IN SILENCE, jusqu'au 29/3. Botanique, Bruxelles. www.botanique.be

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