Expo: Watteau, peintre de la musique

Bozar vit au rythme des “fêtes galantes” initiées par ce souriant peintre du XVIIIe siècle.

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D’où vient la passion du peintre français Antoine Watteau pour la musique et les musiciens? En joua-t-il lui-même? Rien ne permet de l’affirmer. Ce qui ne fait aucun doute par contre, c’est que ce fils d’un modeste couvreur, né à Valenciennes en 1684 mais qui vécut surtout à Paris, “avait de la délicatesse à juger de la musique” comme l’ écrit, à l’époque, un de ses biographes.

Quoi qu’il en soit, près d’un tiers des tableaux de l’ artiste disparu à 37 ans représente des hommes jouant de la guitare, de la flûte à bec, de la viole de gambe, de la musette. 

C’est sur cette thématique – d’où le sous-titre La leçon de musique– que se concentre l’expo, en étroite association avec le commissaire William Christie, chef d’orchestre renommé et grand spécialiste de la musique française du XVIIIe siècle, et par ailleurs la compétence scientifique du Palais des Beaux-Arts de Lille.

Rassemblant quinze toiles de l’artiste, essentiellement des petits formats, ainsi qu’une trentaine de ses superbes dessins et encore une cinquantaine d’estampes de ses contemporains tel le peintre François Boucher, l’expo évoque l’atmosphère légère, insouciante, libertine de la Régence et de ces “fêtes galantes”, dont Watteau, marqué à la fois par l’art italien et flamand, inventa avec génie le langage.

Chuchotements, gestes ébauchés, plaisirs évoqués, sourires mutins, nuques délicates, fausses pudeurs,  marivaudages… tout est suggéré, léger, sensuel, jamais vulgaire ni même grivois, souvent présenté dans des décors bucoliques et à cent lieues des drames sociaux. Evoquant sans cesse le théâtre, la danse et la musique – des alcôves d’écoute avec casque audio sont aménagées – le parcours joue la carte de la transversalité entre les arts.

Des instruments d’époque et des partitions sont exposés. On écoute du clavecin dans le salon de Pierre Crozat, un des grands mécènes de Watteau. Bref, il n’y a guère moyen de résister à cette fête galante. Si les grands formats de Watteau, conservés dans de prestigieux musées de Berlin ou de Londres, ne sont pas de ce voyage festif, le photographe flamand Dirk Braeckman a été convié à les rendre présents à sa manière et à ponctuer l’ensemble d’une touche contemporaine, forcément bien plus sombre.

En pratique

  • Jusqu’au 12/05. Palais des Beaux-Arts, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles. 10h-18h. >21h jeudi. Fermé lundi.
  • Autour de Watteau:
    • 1. Concerts”live” dans l’expo les nocturnes des jeudi.
    • 2. Catalogue 39,95€  et Double CD + livret La Musique de Watteau (18,50€)
    • 3. Appli gratuit dans l’Appstore.
    • 4. Conférences + Cycle de huit Concerts à Bozar et autres lieux à Bxl.
  • En famille: Parcours découvertes: trois mercredi de vacances: 13/02- 3/04- 10/04- Et, le 28/04 Family Day (11h-17) grande ”fête galante” dans Hall Horta. 02/507.83.89 www.bozar.be
  • RTBF/Musiq’3 : plusieurs rendez-vous thématiques + concours pour entrées gratuites. www.rtbf.be/musiq3

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