Expo Norbert Ghisoland

Une petite fille, le regard immense, fixe sérieusement l'objectif, un gros nÅ“ud bien ajusté dans ses cheveux. A côté, ce sont deux enfants, à peine plus âgés, l'expression grave, habillés comme de jeunes mariés. A l'étage, un boxeur maigrichon mime l'action, torse nu, avec un short improbable.

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Une petite fille, le regard immense, fixe sérieusement l’objectif, un gros nœud bien ajusté dans ses cheveux. A côté, ce sont deux enfants, à peine plus âgés, l’expression grave, habillés comme de jeunes mariés. A l’étage, un boxeur maigrichon mime l’action, torse nu, avec un short improbable.

 Ces clichés de Norbert Ghisoland, toujours tendres, parfois cocasses, émouvants dès le premier coup d’œil, ont été choisis par Marc Ghuisoland, son petit-fils, parmi les dizaines de milliers qui lui ont été légués. « Au début, je sélectionnais surtout des photographies où les sujets posaient avec des accessoires, les autres me semblaient trop simples, commente le commissaire de l’exposition (en collaboration avec Mary van Eupen). Puis j’ai réalisé que c’est justement cette simplicité qui les rend précieux. »

 Entre 1902 et 1939, Norbert Ghisoland a pris plus de 90.000 photos, dont Marc Ghuisoland détient la seconde moitié. Les habitants de Frameries et des alentours passaient dans son studio pour faire immortaliser les moments importants de leur vie: mariage, victoire sportive, carnaval… D’emblée, un constat s’impose aux visiteurs de l’exposition du Botanique: la photographie n’était pas du tout ce qu’elle est aujourd’hui, c’était un moment préparé, travaillé, et par conséquent, la représentation de soi n’était pas non plus envisagée de la même façon. Pour poser, on mettait ses plus beaux atours, on enfilait son « identité rêvée ». Qu’importe si les souliers étaient usés, tant que la robe (même prêtée) était en soie.

 Sorti d’un grenier dans les années 70, le travail de celui qui voulait « simplement très bien faire son boulot » est aujourd’hui devenu une œuvre. Ses portraits, à la base uniquement destinés aux sujets et à leurs proches, deviennent témoignage d’une époque, d’une région. Ce qui a valu au photographe le titre d' »anthropologue volontaire ». Les contrastes éblouissants et la nudité des tirages empoignent le cœur. Les regards graves et sérieux des sujets resserrent encore l’étreinte. Chapeau bas, Monsieur Ghisoland. – A.N.

> Jusqu’au 24/4. Botanique, rue Royale 236, 1210 Bruxelles. Du me. au di. de 12 à 20h. De 2 à 5 €. Dimanches gratuits pour les habitants de Saint-Josse. 02/218.37.32. www.botanique.be
> Jusqu’au 27/3, à la Galerie (derrière le Café Bota): « L’âge d’or de la photographie albanaise ». Du me. au di. de 12 à 20h. GRATUIT.

Les ateliers

Dans le cadre de l’exposition Norbert Ghisoland, le Botanique organise deux ateliers. Le premier tourne autour du portrait (« Qu’est-ce qu’un portrait? », « Qui représente-t-on? », réalisation d’un autoportrait…), le second, du photogramme (technique et expérimentation). Les deux modules sont destinés à la fois aux écoles et aux particuliers. Réservation obligatoire.
> Infos: 02/220.12.18.

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