Expo: Dr. Livingstone, I presume?

La rencontre dans un trou perdu d’Afrique entre Stanley et Livingstone, racontée au Musée BELvue. Mythique.

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"Parmi une assemblée d’Arabes et de Noirs, j’ai vu venir un vieil homme blanc âgé, coiffé d’une casquette d’un bleu délavé…

C’est ainsi que le journaliste anglais Henry M. Stanley (1841-1904) évoque dans son carnet sa rencontre avec David Livingstone (1813-1873) le 10 novembre 1871, à Ujiji, sur le lac Tanganyika. Stanley aurait alors prononcé la phrase "Dr. Livingstone, I suppose?". So british, n’est-il pas?

Si ce n’est que la page où cette parole a été consignée a disparu. Arrachée? Par qui? Pourquoi? Il n’empêche, Stanley détient un scoop qui va combler l’Américain Gordon Bennett, le rédac’ chef du New York Herald, pour qui il devait retrouver Livingstone “mort ou vif”.

Depuis 1869, l’Europe a en effet perdu la trace du médecin-explorateur et missionnaire protestant qui s’est enfoncé vers le Tanganyika (la Tanzanie actuelle) espérant y trouver les sources du Nil. A l’époque, Livingstone est déjà un héros, médaillé de la réputée Royal Geographical Society, notamment pour sa reconnaissance des chutes Victoria sur le Zambèze. Stanley ne convainc pas Livingstone de rentrer avec lui en Europe.

Mais avant de le quitter, il participe pendant trois semaines aux recherches du docteur. S’initie à ses côtés à la cartographie, aux évaluations de relief, à la faune et à la flore, toutes choses qui lui seront bien utiles lors de ses futures expéditions au Congo. Mais c’est une autre histoire.

Au Musée BELvue, Mathilde Leduc-Grimaldi, historienne aux Musées royaux d’Afrique centrale de Tervuren et grande spécialiste de Stanley, présente en fait quelques-uns des 80 Carnets de voyage de Stanley. Des notes tracées d’une écriture soignée, souvent accompagnées d’un dessin, d’une carte. Pas facile de monter une expo à partir de "simples" écrits. Et pourtant, sans aucun sensationnalisme, celle du BELvue s’avère passionnante.

Lescarnets sont bien mis en valeur dans des vitrines accessibles. Ils sont accompagnés d’informations précises sur de grandes tablettes tactiles. En outre, ils sont élégamment entourés d’une série d’objets artistiques, rituels ou quotidiens, provenant des peuples de la région où eut lieu la célèbre rencontre.

Des pendentifs, des statuettes, une canne de chef, un buffle en métal, des sièges en bois sculpté. Et aussi quelques objets ayant appartenu à Stanley, des armes à feu pour la chasse, des jumelles, une boussole, des photos…

Ils proviennent du Musée de Tervuren et de collections privées. La troisième et dernière salle est la plus émouvante. Elle évoque les adieux de Stanley et Livingstone et la mort de celui-ci, malade, épuisé, en avril 1873. Sans avoir trouvé les sources du Nil.

> DR LIVINGSTONE I PRESUME?, jusqu’au 11/11. Musée BELvue, place des Palais 7, 1000 Bruxelles. Fermé le lundi et 21/7. Gratuit. www.livingstone.patrimoine-frb.be

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