Drônes de tapis volants

Entre le Paradis et l’Enfer, le monde vu du ciel à la Villa Empain. Délicieusement inquiétant.

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Sorti des contes des Mille et Une Nuits, un tapis oriental fracassé sur un mur de la Villa Empain par la volonté de l’artiste bulgare Pravdoliub Ivanov. Un tapis – encore un – propulsé cette fois par la technologie des drones! Et ce faucon survolant, caméra au cou, les déserts des Emirats arabes. Ou encore ce couple de Chinois, lancés dans les airs par l’artiste Li Wei et défiant, moteurs aux poings, les lois de la pesanteur. A travers le travail d’une bonne cinquantaine d’artistes, venus du Liban, d’Iran, de Belgique, des Etats-Unis, du Pakistan, du Japon, de France et d’ailleurs, c’est tout l’imaginaire ancestral, développé autour du désir de sillonner le ciel,  qui est convoqué ici, dans ses aspects les plus artistiques, portés par des regards libres, voire ironiques.

Si de nos jours ce sont les drones – machines hyper-performantes pour le meilleur ou pour le pire – qui  occupent les esprits, le tapis volant, jardin mobile lancé à travers l’espace, a longtemps été le moyen symbolique de parcourir le monde. Le roi Salomon pouvait, dit-on, y transporter son palais entier. Depuis, des objets volants très ingénieux, de ceux imaginés par Léonard de Vinci jusqu'à nos navettes les plus sophistiquées, le rêve de l’homme s’est concrétisé, suscitant une réelle fascination, répercutée par le cinéma, le film, la BD, la vidéo, sans pourtant évacuer les cauchemars.

Entre Le Paradis et l’Enfer, titre de l’expo, le visiteur est en tout cas sous le charme absolu et néanmoins ambivalent de ces cerfs-volants, sculptures, outils de pointe, machineries ou autre engin monumental, suscitant parfois sa participation, qui le surprennent dans chaque recoin de la Villa. Un rendez-vous original qui – on a pu le constater – peut également intriguer et amuser un jeune public.

> LE PARADIS ET L'ENFER, jusqu'au 6/9. Villa Empain, Bruxelles. www.fondationboghossian.com

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