David Lynch à La Louvière

"J’ai appris que, juste sous la surface, il y avait un autre monde, et encore d’autres mondes si on creusait plus profond" aime dire David Lynch, le fameux réalisateur de Eraserhead, Blue Velvet, Sailor et Lula, Mullholland Drive ou encore de la série culte Twin Peaks.

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Toutes ces créations révèlent effectivement un autre univers, halluciné, souvent violent, toujours mystérieux. Et d’autant plus inquiétant qu’il se dissimule souvent derrière des apparences lisses. C’est cet univers-là que l’on découvre au Centre de la Gravure – une première en Belgique – mais cette fois à travers 120 lithographies et gravures sur bois réalisées entre 2007 et 2012.

Circle Of Dreams, la litho qui donne son titre à l’expo, touche, d’après Catherine de Braekeleer, commissaire de l’expo, à l’essence même de cet univers. "C’est comme si cette litho, tel un soleil noir, nous aspirait dans les ténèbres et nous engloutissait au plus profond de nous-mêmes. Et pourtant, regardez, au cœur de ce magma, sourd une lumière."

C’est à Paris à la Fondation Cartier où il exposait ses peintures – Lynch a fait les Beaux-Arts à Philadelphie et n’a jamais cessé de peindre -, c’est à Paris donc qu’il découvre l’Imprimerie d’Art Idem où l’on trouve encore les presses sous lesquelles ont œuvré Picasso, Matisse. "Je lui ai proposé d’y travailler, explique Patrice Forest, le maître de l’atelier. Il a commencé par traduire en lithos des dessins réalisés sur post-it qui donneront naissance à la série Paris Suite (visible dans l’expo – NDLR). Il a tout de suite adoré ce corps à corps avec la matière. Il travaille directement sur la pierre avec ses doigts pleins d’encre. Pour lui, c’est une expérience organique."

A La Louvière, il faut prendre le temps d’entrer dans cet univers fait de chaos et de violence et pourtant émouvant.

Découvrir ses amoureux dont on pressent que le baiser échangé amorce une rupture. Observer le grouillement d’insectes, ressentir la solitude des mondes urbains, passer de l’autre côté du miroir. On s’attardera également dans les espaces noirs aménagés au cœur de l’expo.

Y sont diffusés  des courts métrages et vidéos, dont Six Men Getting Sick, présenté en 1967 par Lynch, alors encore étudiant. Une sirène hurlante en constitue la bande-son! En vidéo, ne pas rater non plus le clip réalisé pour le chanteur Moby, Shot In The Back Of The Head. On savait que Lynch était un cinéaste important. A La Louvière, on comprend qu’il est surtout et jusqu’au bout de ses doigts un tout grand artiste.

Cycle David Lynch. Ciné Stuart, rue Sylvain Guyaux 16, La Louvière.

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