Création: Le nom de la rose

Moment de grâce, dimanche 17/7, à Villers-la-ville. À 21 h, l'heure à laquelle la représentation (déjà un report d'une date précédente) doit débuter, la pluie se met à tomber. Bon joueur, le public s'abrite, attend que ça cesse. Et ça cesse.

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Trente secondes plus tard, Adso de Melk (Jérémie Petrus) entre en scène. Avec lui, la magie du Nom de la rose pénètre l'abbaye. Même la pluie retient son souffle. Elle ne reviendra que trois heures plus tard, seulement après que le même Adso eut quitté la scène, sous les exclamations de joie des spectateurs, heureux d'avoir vu la pièce sans interruption, ravis de cet "effet miracle"…

Entre ces deux averses, un spectacle de grande qualité, la première adaptation théâtrale du roman culte d'Umberto Eco. L'abbaye est évidemment le cadre rêvé pour cet exercice. Le toujours magistral Pascal Racan (dans le rôle de Guillaume de Baskerville) emmène une large distribution, quasi exclusivement masculine, dans sa quête de la vérité. Que se passe-t-il dans la bibliothèque? Quel est le motif de tous ces meurtres? Qui est le coupable? Un moine, un hérétique? L'arrivée à l'abbaye de Bernardo Gui (impressionnant Laurent Bonnet), envoyé par le pape, ne simplifiera pas l'enquête…

L'histoire est connue (et pour cause: 16 millions de livres la contenant ont été vendus!) et pourtant, on frissonne à la suite de Guillaume et de son disciple Adso, déambulant avec eux dans les ruines. Le texte est dense, l'interprétation, soignée, les effets réussis. C'est à un énorme spectacle que nous convie là Villers-la-Ville, point d'orgue de 25 ans de création théâtrale.

> Jusqu'au 20/8, 21 h (ouverture à 20h30). Abbaye de Villers-la-Ville. 30/35 €. 070/22.43.04. www.lenomdelarose.be

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