« Charleroi a une gueule »

Charleroi est en pleine mutation. Pour preuve, les travaux du métro, les chantiers de la ville basse. Face à ces changements, Xavier Canonne (Musée de la Photo) a imaginé recueillir des clichés de cette cité souvent décriée.

35189

Une première mission est confiée à Bernard Plossu, photographe français de renommée internationale. Pourquoi quelqu’un venu d’ailleurs? Parce que "Celui qui aime est trop près" dit Canonne, citant Jacques Chardonne. Parce que le regard extérieur est vierge de préjugés. Et que Plossu a beaucoup photographié les villes, notamment les banlieues des Etats-Unis.

Un soir à Charleroi, rentrant à son hôtel, Plossu découvre le fameux ring carolo. "Charleroi a une gueule" lance alors le photographe, qui reviendra pour interpréter la capitale du Pays noir, car il ne s’agissait pas de faire du docu. Ni d’embellir la ville. Issu de la Nouvelle Vague, privilégiant une photographie mouvante, les visions fugitives, Plossu suggère plus qu’il ne raconte. Des voitures, des rambardes, des poteaux indicateurs. Du noir, du blanc, du gris. Mais un soir, sous la pluie, il se balade au bas de ce ring. Les néons diffusent une lumière floue. Cela donne de grands tirages couleur où les lumières de l’un ou l’autre Tropical Bar éclairent la nuit. Troisième regard enfin, joyeux celui-là, porté sur les soldes d’hiver. Plossu se mêle à la foule avec un appareil jetable. Images rapides, images de la vie. Oui, Charleroi par Plossu a vraiment une gueule. – P.N.

> Jusqu’au 18/9. Musée de la Photographie, avenue Paul Pastur 11, 6032 Charleroi. Du ma. au di. de 10 à 18h. 6 €. 071/43.58.10. www.museephoto.be
> L’expo s’inscrit dans l’opération culturelle "Charleroi 1911 (date de la grande expo carolo) – 2011" qui se terminera à l’automne.

Sur le même sujet
Plus d'actualité