Bob Verschueren met le Bota au vert

La beauté du végétal et le grincement des arbres comme armes poétiques et militantes contre la "bioadversité".

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Jamais le Botanique n’a été aussi proche de ses racines. Son muséum, ses serres, sa galerie sont en effet plantées d’étranges végétaux, de bouts d’arbres, le tout accompagné de sonorités qui évoquent le gémissement de forêts massacrées par tant de "bioadversité". “Alors qu’on ne cesse de parler de biodiversité”, fait remarquer Bob Verschueren, artiste belge de renommée internationale.

Dans la grande salle flotte une odeur de terreau humide. Des arbres étêtés forment un sous-bois presque glauque. Des pots accrochés aux branches distillent des sonorités inquiétantes. Pas loin de là, des haches au tranchoir rouge vif. Outils de travail mais aussi outils de destruction. On frissonne. Sur la mezzanine, on retrouve avec bonheur la couleur, la lumière. De grands tirages photo y présentent les installations précédentes de Bob Verschueren, au château de Seneffe, au château de Jehay… Traces d’œuvres disparues, parce que créées sur place avec des végétaux divers. Dans les serres, la touche d’humour est donnée par des outils de jardinage vivement colorés et détournés pour devenir à leur tour palmiers ou arbres du voyageur. Et à la galerie, des "miniatures végétales", sculptures de feuilles et de brindilles, font écho au travail photo de l’artiste.

Voilà donc, à travers tout le Bota, une vision panoramique d’un travail développé par Bob Verschueren depuis les années 80 à travers un langage plastique unique. Il ne prétend pourtant pas nous délivrer de messages, plutôt de poétiques métaphores sur l’éphémère condition de l’homme et de la nature. Tout se dégrade et disparaît. Une expo à haute valeur esthétique et très interpellante. On y court!

Bioadversité. Jusqu’au 6/11. Le Botanique, rue royale 236, 1210 Bruxelles. 5 € à 2 € (ticket Muzex, avec concert du jour). 02/218.37.32. www.botanique.be

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