Beastie Boys: Sauce piquante (écoute intégrale)

Après deux ans de galères et de mauvaises nouvelles, les stars du hip-hop morveux retrouvent les bonnes vibrations.

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Le 27 juin 2009, deux jours après la mort de Farah Fawcett-Majors et de Michael Jackson, les Beastie Boys sont à Paris. Moustique aussi. Au menu d’une discussion particulièrement chaotique: le récent upgrade 3.0 de l’iPhone, le tee-shirt élimé de Ad-Rock et une série de considérations absconses dont ils ont le secret. A bien y réfléchir, en vingt ans et une demi-douzaine de rencontres, les Beastie Boys m’auront invité à faire des paniers dans la salle de basket attenante à leur local de répètes de Pasadena, confié des recettes de croquettes et passé pas mal de temps à se dénigrer mutuellement tout en vantant – par exemple – les vertus des costumes traditionnels grecs! De musique, ils parlent peu. La journée promo parisienne ne donne rien de croustillant. L’après-midi, un confrère flamand, excédé par ce côté potache, claque la porte quelques minutes à peine après le début de son interview. Quant au reportage que leur consacre, cet été-là, l’excellent magazine Tracks d’Arte, il relate une rencontre en forme de sketches aux contours incertains et pas toujours très fins.

"Hot Sauce Committee", écouté deux fois sur un iPod, juste avant l’interview et sous la surveillance des agents de sécurité, semble pourtant réjouissant. Too Many Rappers, un duo avec Nas, sorti en single, sert d’éclaireur à l’album. Lee Majors Come Again rappelle le punk de Sabotage. Nonstop Disco Powerpack, plus Spoonie Gee que nature, fleure bon le hip-hop old school et le très Clash Don't Play No Game That I Can’t Win (duo avec Santigold), sent le tube à plein nez. Mais quelques semaines après cet épisode parisien, une phrase laconique postée sur leur site officiel annonce qu’un cancer des glandes salivaires a été diagnostiqué chez Adam Yauch. En conséquence, tournée et album sont reportés. L’attente aura duré près de deux ans.

Les trois titres précités figurent sur "Hot Sauce Committee Part Two", comme l’essentiel de l’album initial. "Il y a quelques années, on a eu un chauffeur de bus qui s’appelait Tadlock et qui transportait souvent les choristes d’Elvis Presley, confiaient-ils. Elvis lui avait offert une paire de lunettes dont il était très fier. C’est ce qui nous a inspiré Tadlock’s Glasses." La chanson, qui ouvrait l’album "Part 1" et qui a failli donner son titre à la nouvelle version, est maintenant reléguée en onzième position. Un réjouissant Pop Your Balloon est passé à la trappe ainsi que deux autres morceaux, mais l’album en comprend deux nouvelles. Voici deux ans, les trois garnements, dont "Hot Sauce Committee" devait marquer le grand retour, cinq ans après le décevant "To the 5 Boroughs", s’employaient à marquer les esprits. Ils n’avaient pas tort. A peine modifié, le disque, désormais mixé par Zdar de Cassius, tient toutes ses promesses.

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Hot Sauce Committee Part Two by Beastie Boys

Beastie Boys
Hot Sauce Committee Part Two
EMI/Virgin

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