BD: Bravo les Brothers de Franquin

Qui n'a jamais lu Bravo les Brothers ne pourra jamais comprendre pourquoi Franquin est aux dessinateurs de BD ce que King Kong est aux ouistitis: une légende qui vous rend petit.

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Histoire préférée du maître – et pour qu’il ose l’avouer, Dieu sait qu’il devait l’aimer -, cette irruption d’une bande de chimpanzés de cirque à la rédaction du magazine Spirou est un chef-d’œuvre total.

Il y a le rythme, quasi hystérique, folle succession de gags. Puis les trognes de nos héros quadrumanes et fouteurs de bordel, absolument jubilatoires. Enfin, il y a les discrètes touches de poésie, refoulées comme une pudeur mal placée.

Certes court (22 pages), le récit marque aussi la fin d’une époque… Franquin était en train de lâcher Spirou et Fantasio, pour se consacrer à son Gaston.

Comment, dès lors, réussir meilleure transition que de rassembler les deux séries dans une vraie rencontre au sommet?

Recolorisée, remastérisée par Frédéric Jannin avec le concours de la propre fille de Franquin, cette première réédition en solo (l’histoire n’a jamais été publiée sous son propre nom en album) est complétée d’une analyse signée notamment Serge Honorez, actuel directeur éditorial des éditions Dupuis et ex-Snuls.

Surtout, une seconde version de l’aventure suit la première, fac-similés de planches originales, qui permet d’admirer la souplesse de style de l’homme qui aurait raffolé susurrer à l’oreille des chimpanzés.

Bravo les Brothers
Franquin
Dupuis, 88 p.

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