Vers un congé parental partagé pour augmenter le taux d’emploi des femmes ?

Pour diminuer les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail, le Conseil supérieur de l'emploi (CSE) recommande notamment d’instaurer une obligation de partage du congé parental entre les deux parents.

Vers un congé parental partagé pour augmenter le taux d’emploi des femmes ?
Pour rappel, le congé parental est à distinguer des congés de maternité ou de paternité © Adobe Stock

C’est un des grands objectifs affichés par la Vivaldi : faire grimper le taux d’emploi à 80% à l’horizon 2030. Réalisable ? À en croire la FGTB, non. Le syndicat socialiste a récemment calculé que même dans l’hypothèse où les 300.000 demandeurs d’emploi inoccupés trouvaient un job, il resterait 350.000 places à combler pour passer du 72,1% des 20-64 ans occupés (au troisième trimestre 2022) aux fameux 80%. Dans l’hypothèse où la FGTB se tromperait, il reste quelque chose de certain : l’objectif ne sera jamais atteint sans une meilleure représentation des femmes sur le marché du travail.

Le Conseil supérieur de l’emploi (CSE) a justement publié un rapport cette semaine sur ladite représentation. Qui reste, malgré une nette amélioration ces 25 dernières années, inférieure à celle des hommes. En effet, note le CSE, même si le taux d’emploi des femmes a augmenté fortement en Belgique (de 50% en 1995 à 67% en 2021), un écart de 8% demeure avec celui des hommes.

Une différence d’autant plus patente lorsqu’on tient compte du nombre d’heures prestées rémunérées par les femmes (elles occupent 78% des temps partiels). Ces dernières travaillent même davantage par semaine que les hommes (15h39, soit deux journées), si l’on prend en compte les tâches domestiques et la garde des enfants.

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Augmenter l'investissement des hommes dans le «travail familial»

Pour aller vers plus féminisation du marché du travail, le CSE a listé une série de recommandations dans son rapport. Celle-ci, notamment : instaurer une obligation de partage du congé parental entre les deux parents, afin de mieux partager l'investissement des hommes dans le travail familial non rémunéré (de l’augmenter, en clair).

Pour rappel, le congé parental est à distinguer des congés de maternité ou de paternité (qui est passé de 15 à 20 jours en 2023) et qui sont à prendre juste avant et après la naissance de l’enfant. Sous certaines conditions, le congé parental permet de s’arrêter de travailler totalement ou partiellement, pendant une durée déterminée (4 mois à temps plein). Et ce, jusqu’à ce son enfant atteigne l’âge de 12 ans.

L'exemple de la Suède ou de la Norvège

Cet outil a pu contribuer à améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle des parents, en réduisant «le nombre de mères quittant temporairement ou définitivement le marché du travail pour s’occuper de leurs enfants», pointe le Conseil supérieur de l’emploi. Qui souligne toutefois que les «différentes formes de congé parental et d’interruption de carrière restent majoritairement utilisées par les femmes». De quoi, bien souvent, «renforcer les stéréotypes et les écarts de genre sur le marché du travail en termes d’emploi et de participation, mais également en termes d’opportunités de carrière», au détriment des femmes.

Pour le CSE, l’«obligation de partage équitable du congé parental entre les parents favoriserait un changement dans la répartition des rôles au sein des couples et réduirait les discriminations à l’embauche ou à la promotion liées à la maternité». Et le rapport de s’appuyer sur l’exemple donné par les pays nordiques, comme la Suède ou en Norvège.

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Dans ces deux pays, le congé parental doit au moins partiellement être partagé entre les deux parents. Ainsi, les parents suédois ont droit à 16 mois de congé parental, à répartir entre les deux parents, avec un minimum de deux mois réservés au père. Ajoutons qu’au Québec également, il existe un congé exclusif pour la mère, un congé exclusif pour le père (ou le deuxième parent) et un congé parental partageable entre les deux parents.

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