Accord salarial : voici les secteurs où les employés ont le plus de chances de recevoir la prime de 750 euros

Qui pourra bénéficier de la prime annoncée par le gouvernement dans le cadre de l'accord sur les salaires?

Voici les secteurs où les salariés ont le plus de chances de recevoir la prime
A qui sera octroyé la prime de 750 euros? © Pexels

Le gouvernement s'est entendu lundi en comité restreint sur une proposition de conciliation permettant de sauver les négociations salariales entre les syndicats et les employeurs. Comme prévu, l'indexation automatique sera conservée mais la marge salariale sera nulle durant les deux prochaines années, quel que soit l'indice. La loi sur les salaires vise en effet à ne pas les faire dérailler par rapport aux pays voisins.

Une prime de 500 ou 750 euros

Les entreprises qui s'en sortent bien pourront toutefois accorder une prime allant jusqu'à 500 euros à leurs salariés, à condition qu'un accord sectoriel soit conclu à cet effet. Une clause échappatoire est également prévue pour les entreprises qui ne disposent pas de ces moyens financiers. Enfin, les entreprises aux bénéfices exceptionnellement élevés pourront octroyer jusqu'à 750 euros à leurs travailleurs.

La prime sera octroyée en 2023 et ne sera pas renouvelée en 2024. Mais qui pourra en bénéficier ? Et qu’entend le gouvernement par « bénéfices exceptionnellement élevés » ? Ce sera en réalité aux partenaires sociaux de décider en amenant leurs propres propositions en partant de cette base apportée par le gouvernement.

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Seuls les travailleurs du privé et ceux des secteurs qui réalisent d’importants bénéficies pourront en tout cas bénéficier de cette prime. Plus les syndicats seront puissants dans un secteur ou une entreprise qui se porte bien, plus la prime a des chances d’être octroyée et d’être élevée. En ce qui concerne la question des bénéfices « élevés » et « exceptionnellement élevés », aucun texte ne définit ce que signifient exactement ces termes : « Ce n’est pas clair pour le moment », explique Marc De Vos, professeur de droit du travail à l’UGent, au Nieuwsblad. Là encore, ce sera aux partenaires sociaux de décider.

Une première entreprise veut payer la prime  

Une entreprise de logistique anversoise, Katoen Natie, a déjà décidé de verser à son personnel la prime de 750 euros prévue par l’accord fédéral sur les salaires. C'est la première entreprise qui annonce son intention de l'octroyer. Quelque 7.000 travailleurs sont concernés. "Le gouvernement a entendu notre proposition de distribuer des chèques non imposables aux travailleurs", s'est réjoui Fernand Huts, le patron de Katoen Natie.

Le groupe logistique anversois et sa filiale Indaver souhaitent verser à tous leurs collaborateurs cette prime exonérée d'impôts "dès que cela sera rendu possible par le gouvernement et les partenaires sociaux".

Dans quels secteurs ?

Quels secteurs sont les plus à même de payer cette prime à leurs employés ? Selon Geert Sciot, porte-parole de la Banque nationale, les secteurs qui réalisent le plus de bénéfices sont les secteurs de la chimie, le secteur pharmaceutique et celui de l’énergie : « Ce sont ceux qui réalisent les bénéfices les plus élevés », a-t-il déclaré au Nieuwsblad. Difficile à dire pour les autres secteurs, qui sont généralement « plus cycliques », selon lui.

Comme mentionné précédemment, les secteurs où les syndicats sont traditionnellement plus forts ont également plus de chances d’être concernés par cette prime : « Même si aucun profit énorme n'a été réalisé, ils osent frapper fort sur la table. En règle générale, cela concerne les secteurs les plus disposés à faire grève », ajoute de son côté Stijn Baert, professeur en économie du travail à l’Université de Gand.

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Incertitude

L’incertitude plane autour de cette prime et les négociations risquent d’être compliquées au vu des réactions des partenaires sociaux à la proposition du gouvernement. La FGTB s’est dite « peu enthousiaste » et parle de mesure « sparadraps » : « Les travailleurs et travailleuses méritent plus, et mieux ». Du côté de la FEB, on parle d’un « mauvais signal » : « Alors que la crise de compétitivité fait rage plus que jamais, on permet aux syndicats d'exiger des primes plus élevées que lors de crises précédentes moins aigües. Il s'agit là d'un signal incompréhensible ». Selon le professeur en droit du travail Marc De Vos, cela laisse présager que la prime pourrait être difficile à obtenir pour de nombreux travailleurs : « Puisque les employeurs et les syndicats se sont déjà prononcés contre la proposition, les chances qu’ils s’entendent sont minces. Dans ce cas, la proposition reviendra au gouvernement», conclut-il.

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