Le fossé se creuse entre les plus hauts et les plus bas salaires

La tension salariale, c’est-à-dire l'écart entre les salaires les plus élevés et ceux les plus bas, est en hausse.

© Belga Le fossé se creuse entre les plus hauts et les plus bas salaires
© Belga Le fossé se creuse entre les plus hauts et les plus bas salaires

Entre 1990 et 2020, le salaire brut moyen a augmenté d’environ 15%, sans compter l’inflation. Mais il existe une grande disparité entre travailleurs. Selon une étude du groupe de réflexion Minerva, relayée par le Nieuwsblad, l’écart entre les hauts et les plus bas salaires ne cesse d’augmenter.

D’après cette étude, les salaires mensuels les plus bas ont augmenté d’à peine 237 euros brut en moyenne en 20 ans, sans compter l’indexation. Les 10% des salariés les mieux payés ont quant à eux pu constater une hausse moyenne de 941 euros brut sur leur fiche de paye. " Cela ne concerne que les salaires brut à temps plein, sans surprimes, sans assurances et sans voiture de société. L’écart est donc encore plus grand dans la réalité ", a déclaré Matthias Somers, de Minerva.

Les architectes et les géomètres seraient les professions dont le salaire brut aurait le plus augmenté ces dix dernières années (+8%). Viennent ensuite les dirigeants des grandes entreprises (+7,3%), les avocats (+6,5%) et les responsables commerciaux et marketing (+6,4%). Les employés administratifs ont eux perdu 1% de leur salaire mensuel brut en dix ans, tout comme les agents d’entretien (-1% également). Pour les travailleurs dans le commerce de détail, l’augmentation moyenne est de 0,4% en dix ans.

" Travailler le moins cher possible "

Mais comment expliquer cette différence ? Cet écart serait lié à l’évolution du monde du travail, selon le chercheur : " Il y a vingt ans, lorsqu’une entreprise fonctionnait bien et faisait des bénéfices, alors tout le monde pouvait en bénéficier. Les syndicats négociaient une augmentation pour la femme de ménage, les ingénieurs et les patrons. Aujourd’hui, vous constatez que ces aide-ménagères ne travaillent plus pour cette entreprise, mais pour une entreprise externe. La valeur ajoutée que l’entreprise a créée avec ses agents d’entretien ne sera plus partagée avec ces derniers. Au contraire : à cause de la concurrence dans ce secteur, les gens doivent travailler le moins cher possible ", a-t-il expliqué au Nieuwsblad.

Partout dans le monde, on observe que les salaires les plus bas, comme les plus hauts, ont augmenté au cours des dernières années. Ce n’est pourtant pas le cas du personnel peu qualifié des pays occidentaux dont les secteurs sont très souvent soumis à la concurrence internationale. Selon Mathias Somers, ceci s’expliquerait par les primes à l’emploi et les réductions d’impôts pour les salaires les plus bas qui permettent de garder le travail intéressant pour le travailleur mais qui suppriment la nécessité pour les entreprises d’augmenter les salaires.

" C’est en effet un effet pervers de ces mesures ", estime Stijn Baert, spécialiste du marché du travail. Pour le professeur à l’Université de Gand, il est nécessaire de revoir la fiscalité du travail qui possède un " cout exorbitant " : " Les effets seraient bénéfiques tant pour l’employeur que pour l’employé. Les salaires brut augmenteront, mais les entreprises en profiteront également ", a-t-il conclu.

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