La " Grande démission " : la Belgique n’est pas à l’abri de connaître le même phénomène

Le phénomène de la grande démission prend de l'ampleur. Jusqu'à présent la Belgique est épargnée. Mais cela pourrait ne pas durer.

Burn out
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Depuis le début de l’année, 4 millions d’Américains démissionnent tous les mois. La tendance suit le mouvement enclenché en 2021. Et ce phénomène surnommé comme étant la " Grande démission " fait tache d’huile, jusqu’à traverser l’Atlantique. 470.000 Français ont renoncé à leur CDI rien que durant le premier trimestre. C’est 20% en plus que l’an dernier.

Changement de secteur, de rythme, de vie… Les raisons de quitter son job sont nombreuses. Mais en France, c’est le salaire qui motive d’abord les salariés à trouver une nouvelle fonction. Face à l’inflation galopante, les salariés français ne bénéficient pas comme en Belgique d’une indexation automatique des salaires. Avec un pouvoir d’achat qui dégringole, c’est le monde du travail qui a la bougeotte. La décision de quitter son emploi est, d’après les sociologues français, facilitée par des mois de télétravail et de confinement qui ont poussé chacun de se recentrer sur l’essentiel. "Le temps du salariat soumis est révolu", assurent certaines d’entre eux.

Une perte du pouvoir d’achat

"Dans mon bilan annuel, en janvier, quand je n’ai pas été augmenté, dans ma tête c’était fini. C’est vrai que le coût de la vie augmente, tu te dis que si ton salaire n’augmente pas à côté, tu es plus pauvre qu’il y a un an, c’est absurde", remarquait Thomas, 27 ans et démissionnaire, au micro d’Europe 1.

Mais ce phénomène n’a pas encore franchi les frontières du plats pays. Sur le premier semestre de cette année, seuls 3,2% des travailleurs ont quitté leur job en Belgique. Cette tendance prend la tangente des courbes dessinées en 2021. Cette dynamique différente s’expliquerait par l’existence du système d’indexation des salaires, mais pas que… " En Belgique, le pourcentage de contrats à durée indéterminée (CDI) par rapport aux autres formes de contrat est très élevé. On hésite à lâcher cette sécurité d’emploi. De plus, des événements comme la guerre en Ukraine incitent à la prudence. Pour ces raisons, malgré la relance, le taux de rotation des emplois reste relativement stable chez nous ", note Thierry Ney, porte-parole du Forem, dans les colonnes du Soir. 

Mais comme un présage des difficultés à venir, les patrons pointent la conservation de leurs collaborateurs comme le principal défi des prochaines années. C’est que les rapports de force sont en passe de se transformer. Avec un taux d’emploi au plus haut, certains profils seront difficiles à retenir, et difficiles à remplacer. Plus que jamais, les travailleurs ont les cartes en main pour dessiner leur quotidien.

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