Ryanair vs. les travailleurs belges: comment expliquer ce combat aérien?

La tension entre l’opérateur low cost et son personnel ne redescend pas. Les pilotes belges de la compagnie irlandaise ont à nouveau débrayé.

Ryanair
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Ryanair

Grève

On les attendait depuis le début du mois d’avril, quand les syndicats ont annoncé un préavis de grève à durée indéterminée. Après les premières grèves du mois de juin, rebelote ce week-end. Plus de 80 vols, vers et depuis la Belgique, ont été annulés. Des annulations provoquées par la grogne des équipages belges et qui ont en tout concerné plus de 12.000 passagers.

Baisse de salaire

En 2020, Ryanair a baissé le salaire de ses pilotes de 20 % pour faire face à la pandémie. Avec la promesse de les rehausser une fois la crise terminée. Depuis, Ryanair a atteint un taux d’activité par rapport à 2019 de… 115 %. “Il n’y a donc rien qui empêche une revalorisation salariale”, explique Didier Lebbe, secrétaire syndical de la CNE. Ryanair lui répond que la reprise reste fragile.

Bye bye Belgium?

Comme lors de chaque grève, Ryanair menace de quitter la Belgique. “Notre équipe commerciale est en train de décider de l’allocation des avions l’hiver et l’été prochains et l’incertitude concernant nos programmes belges rend d’autres sites plus attractifs pour l’investissement”, a signalé le directeur des ressources humaines Darrell Hughes.

D’autres pays, d’autres accords

En juin, les grèves des pilotes s’étaient étalées sur une partie de l’Europe. En France, en Espagne, en Italie et au Portugal, ils étaient restés les bras croisés. La semaine dernière, Ryanair a annoncé avoir conclu un accord avec les syndicats espagnols et français. Les salaires de 2020 devraient être atteints en 2027.

Travailleurs belges

Indépendants

Ce sont les pilotes belges de Ryanair qui sont partis en grève. La direction, comme toujours dans ces cas-là, est allée chercher des pilotes indépendants ou étrangers pour faire décoller ses avions. Face à cette réponse, le personnel belge de cabine, qui ne participait pas à la base à la grève, a été invité à rester au sol.

Mépris

Le personnel de Ryanair se sent méprisé. Outre cette baisse de salaire, les témoignages révèlent également que les salaires ne sont pas payés en entier chaque mois, et qu’un temps plein tourne autour de 1.200-1.400 euros. Ou que seules les heures de vol sont rémunérées, et non celles passées dans les aéroports. Ou encore que les uniformes sont à charge du personnel.

Pour aller où?

Didier Lebbe ne croit pas à un départ de Ryanair. “C’est la menace habituelle. Ils disent cela depuis 2018, mais leur chiffre d’affaires est tellement énorme à Charleroi que vous pensez qu’ils vont laisser cela à une autre compagnie? Et puis, ils iraient où avec tous leurs avions?”, a-t-il lâché à La DH.

Pas d’accord

Je ne sais pas pourquoi ils ont signé ça, mais il est hors de question que des accords semblables soient signés en Belgique”, a insisté Didier Lebbe. En attendant, Ryanair n’a pas entamé de discussions avec les syndicats belges et n’a rien fait pour empêcher la grève du week-end dernier.

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