Télétravail: des détectives privés engagés pour surveiller les employés

Certains employeurs demandent à des détectives privés de surveiller si leurs travailleurs travaillent bien de chez eux ou s'ils sont véritablement malades.

Le télétravail controlé par des détectives
Illustration. (@Belga Image)

Les confinements ont forcé beaucoup d’entreprises à passer au télétravail, qu’elles y soient favorables ou réticentes. Et finalement, deux ans après le début de cette pandémie, qui n’est pas encore complètement terminée, la popularisation du travail à domicile est une des conséquences de cette crise sanitaire. Beaucoup de travailleurs prestent désormais un jour ou plus depuis leur habitation.

Une situation qui ne plait pas à tout le monde, notamment aux employeurs qui aiment surveiller ce que font leurs employés durant les heures de bureau. Si certains utilisent des programmes permettant de vérifier l’activité sur les ordinateurs, d’autres vont un pas plus loin: ils engagent des détectives privés.

Comme l’explique Le Soir, si plusieurs sociétés actives dans ce secteur déclarent ne pas avoir d’évolutions dans le nombre de demandes de ce type, voire même que ces missions sont "irréalisables", d’autres annoncent que la grande majorité des demandes qui leur ont été adressées ces dernières années proviennent de patrons suspectant leurs travailleurs.

Filatures de travailleurs

C’est notamment le cas de Yannick, détective de l’agence Stark, qui déclare que "80% de son emploi du temps" est occupé par des demandes d’employeurs du secteur de la construction. "Je suis contacté par des entrepreneurs dont certains ouvriers rentrent des certificats depuis six mois, voire un an. On me demande de vérifier s’ils sont réellement en incapacité de travailler, car les présomptions sont fortes qu’ils prestent pour leur propre compte. Certains sont sans scrupule. Ils ont parfois leur propre page Facebook pour chercher des clients. Comme ils ont souvent une activité complémentaire hors des heures fournies à leur patron, ils ont du matériel et un véhicule. Ils travaillent dans la rénovation, la toiture ou l’installation de châssis. Il faut les mettre devant le fait accompli."

Les détectives chargés de ces missions passent donc leur journée à suivre les personnes concernées afin de découvrir si elles travaillent pour d’autres clients ou à leur compte alors qu’elles ont déclaré être malades. Deux constats de "triche" et un rapport peut être écrit.

Beaucoup de refus

Le secteur des détectives privés reçoit moins de demandes qu’avant en ce moment, leurs services étant considérés par beaucoup comme un luxe. "Le public qui pourrait nous solliciter pour une enquête préfère attendre et faire le plein de son véhicule", regrette le détective interrogé dans Le Soir, qui doit pourtant rejeter beaucoup de requêtes. "On nous demande parfois des choses totalement illégales ou irréalisables comme obtenir des mots de passe d’ordinateurs ou retrouver les auteurs d’arnaques sur internet au Cameroun. Les gens doivent savoir que dans 50 % des cas, notre travail permet d’innocenter des gens. Nous ne sommes pas uniquement là pour confondre, contrairement aux idées reçues…"

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