Virée pour avoir mangé un biscuit périmé: un magasin Lidl bloqué

Bloqué lundi matin par son personnel à la suite d'un licenciement jugé abusif, le magasin Lidl de Jambes a rouvert ses portes plus tard dans la journée.

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"A la mi-mars, une travailleuse du magasin Lidl de Jambes a été licenciée pour faute grave (donc sans indemnité et avec sanction chômage) après plus de 19 ans d’ancienneté… Sa faute? Avoir mangé un biscuit périmé à la suite d’un malaise dans les réserves", dénonce le syndicat.

Selon le secrétaire permanent Thomas Lesire (Setca Commerce), l’entreprise "a refusé de revoir sa position", malgré une attestation médicale. Le magasin de Jambes est bloqué à la clientèle tout une partie de la journée lundi.

"Nous espérons que cette action permettra de relancer la concertation et obtenir justice pour cette travailleuse, c’est-à-dire sa réintégration au sein de l’entreprise", concluait le Setca.

" Difficile d’évoquer une intention malveillante "

A la suite de discussions impliquant les syndicats, un nouvel accord a finalement été trouvé entre la direction et la travailleuse. En outre, la faute grave a été levée. " Les discussions ont pu aboutir à un accord qui satisfait toutes les parties" , a commenté Julien Wathieu, porte-parole de Lidl en Belgique. " Cependant, la teneur exacte de notre accord ne sera pas communiquée dans un souci de confidentialité. "

" En début de journée, il était question de faute grave, ce qui était contesté ", a réagi Thomas Lesire, secrétaire permanent Setca. " L’accord est ce qu’il est, je ne souhaite pas le commenter mais c’est important d’avoir levé ce point ". " Nous souhaitons toujours la réintégration de la travailleuse vu le contexte. Cependant, s’il y a eu accord entre les parties, on le respecte ", a-t-il conclu.

Comme l’employée subvenait à un besoin urgent après son malaise, les circonstances du licenciement faisaient débat, comme l’expliquait à la DH Dominique Claes, avocat spécialisé en droit social et professeur à l’Echec : "Le motif grave signifie la rupture de la relation de confiance entre un employeur et le travailleur, conformément à l’article 35 de la loi sur le contrat de travail. (…) Il est évident que tout vol est normalement considéré comme un acte fautif justifiant en principe la rupture pour motif grave".

"Mais dans le cas présent, ajoutait Dominique Claes, " il faut mettre en perspective l’acte et le parcours professionnel de l’intéressée et son intention malveillante. (..)La valeur du bien pris n’a pas d’incidence mais il est difficile d’évoquer une intention malveillante pour ce cas-ci. L’employée a mangé un biscuit, qui plus est périmé, pour subvenir à un besoin urgent suite à son malaise et je ne pense donc pas que la sanction suprême soit justifiée", concluait l’avocat dans la DH.

 

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